Un peu trop même. Car cette épice également connue sous le nom de badiane de Chine est le précieux ingrédient qui donne tout son intérêt au Tamiflu. Et désormais, on se l’arrache à prix d’or.
Les Chinois connaissent bien ces jolies étoiles séchées (fruits du badianier, de la famille des magnolias) pour les utiliser en médecine traditionnelle et surtout très régulièrement en cuisine. C’est même l’un des ingrédients incontournables du célèbre canard laqué… et du pastis Ricard bien de chez nous ! Mais la badiane (
Illicium verum) au parfum anisé très corsé a d’autres atouts que culinaires. Elle contient en effet de l’acide shikimique, le principe actif du Tamiflu commercialisé par les laboratoires suisses Roche. Ce médicament est le seul qui a montré une efficacité dans le traitement de la grippe aviaire en atténuant les symptômes.
Rappelons qu’il n’existe actuellement aucun vaccin contre cette pathologie. Et si le virus H5N1 n’a pas encore déclenché de pandémie humaine, il a bel et bien semé un vent de ‘panique’ sur la planète entraînant une forte demande de Tamiflu. La production tourne donc a plein régime. Roche prévoit un approvisionnement de 300 millions de doses d’ici 2007. Seul problème : les arbres à badianes ne fonctionnent pas sur commande ! Et les étoiles commencent à manquer. Il existe bien d’autres variétés (comme au Japon par exemple) mais l’anis étoilé qui en est extrait a montré des effets toxiques pour l’organisme, notamment dans les tisanes. Bref, seuls les ‘vrais’ badianiers qui poussent principalement dans les régions montagneuses du sud de la Chine (et au nord du Vietnam) peuvent aider les industries pharmaceutiques…
D’où une certaine augmentation des prix de la badiane à laquelle ne veulent pas renoncer non plus les cuisiniers chinois. Il serait donc utile de trouver des alternatives, histoire de parer à un envol fulgurant des prix ou à une pénurie... Du côté de chez Roche, on jongle entre la matière première naturelle et la fermentation bactérienne, un processus moins coûteux mais qui ne représente pour l’instant qu’un tiers de la production. Au mois de novembre enfin, l’Institut de Recherche pour la Technologie Industrielle (ITRI) de Taïwan a annoncé avoir identifié 3 plantes locales qui contiennent à plus faibles doses le précieux principe actif du Tamiflu. Pour le moment, la petite étoile est toujours en vente sur le marché mais jusqu’à quand ?
CarolineLepage
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3/12/2005