
Des chercheurs allemands ont mis au point un système de marquage de fichiers destiné à compliquer la tâche des pirates de musique sur les réseaux p2p. Cette alternative aux DRM consisterait à inclure une empreinte numérique différente dans chaque pièce de musique, ou de vidéo. Cette marque permettrait de pister la personne qui a acheté le fichier, et de la tenir pour responsable si le partage est interdit par les lois de son pays de résidence.
L'idée consiste, par exemple, à inclure de petites variations de volume ou de fréquence, imperceptibles pour l'oreille humaine, dans les mp3. Ces variations seraient différentes pour chaque fichier distribué. Des variations infimes pourraient également être utilisées dans les images et les vidéos.
Contrairement aux systèmes de surveillance actuels, ce ne sont pas les internautes qui sont surveillés mais les fichiers. Mais cela soulève tout de même de sérieuses questions éthiques au niveau du respect de la vie privée des acheteurs.
On peut également se demander combien de temps il faudra pour que les pirates trouvent une parade à ce système. En effet, il suffirait d'utiliser plusieurs versions de la même musique pour isoler les empreintes numériques et les extraire automatiquement, ce qui ne semble pas irréaliste dans le cadre d'un réseau p2p.
Un autre effet possible de cette technologie serait d'empêcher les logiciels p2p de trouver de nouvelles sources d'un même fichier. Chaque pièce musicale étant légèrement différente, les algorithmes de recherche actuels ne seraient pas capables de faire le lien entre les différentes versions. L'effet s'estomperait avec le temps, lorsqu'une version prendrait le dessus sur les autres, mais cela ralentirait les échanges.
Ironiquement, l'institut Fraunhofer, où ont lieu ces recherches, est également à l'origine de l'algorithme de compression MP3, qui a permis au piratage musical de prendre l'ampleur qu'on lui connaît.
Sources:
PC Advisor,
Slashdot
ben
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14/02/2006