
L'avènement du Néolithique est marqué par la sédentarisation des populations et pas la mise en place progressive de l'élevage et de l'agriculture. A cette même période, les populations ont connus une sorte de baby boom de la préhistoire. Comment, pourquoi ? Deux chercheurs du CNRS apportent des réponses.
Jean-Pierre Bocquet-Appel, directeur de recherche, et Stephan Naji, doctorant, ont passé au crible les données statistiques des cimetières du néolithique et de la période le précédant le mésolithique. Ils se sont aperçus que les cimetières du néolithique contiennent beaucoup plus d'ossements d'enfants et d'adolescents que la période avant la sédentarisation.
L'explication de ce phénomène est l'augmentation de la fertilité et donc de la population jeune. En effet, selon les chercheurs, les chasseurs cueilleurs qui se déplaçaient au mésolithique portaient leurs enfants. Ces derniers pouvaient profiter longtemps de l'allaitement de leur mère, retardant le retour des règles et la possibilité de re-procréer. La sédentarisation fait que la mère peut poser son enfant plutôt (il n'a pas à se déplacer) et peut procréer, à nouveau, plus vite. On estime le nombre d'enfants par femme entre 8 et 12.
L'avènement de ce surplus d'enfants a dû provoquer une crise grave parmi les nouveaux sédentaires, les ressources n'étaient pas adaptées. Cette crise a pu accélérer la mise en place de l'agriculture et de l'élevage, ancrant la sédentarisation : un cercle vertueux, si on peut dire.
Selon les points géographiques, le néolithique a commencé à des moments différents : il y a 9000 au Moyen-Orient, il y a 3000 ans en Amérique du Nord. Cependant, dans tous les cas, le schéma décrit s'est reproduit de façon identique.
Source:
CNRS
Phil
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11/03/2006