
Le nouvel « Eldorado » des industriels et de certains laboratoires est actuellement la nanotechnologie. Comme son nom l'indique, cela recouvre toutes les technologies qui se font à une très très petite échelle (près du nanomètre). On trouve cette nanotechnologie et les composés produits avec, et dont l'avènement est annoncé depuis longtemps par le génial Feynman (sa conférence nommée « Tiny machines » est sur Youtube et le début est donné ici, en anglais malheureusement). Cette industrie pèse des milliards... et il ne faut pas s'étonner de la présence de gens errant dans les couloirs des instances (supra-)gouvernementales.
Pendant ce temps-là, d'autres crient au loup. Ils nous disent que l'on joue encore une fois aux apprentis sorciers et que, sans nier le progrès, on devrait sérieusement prendre plus de précautions et même établir un moratoire, car il s'agit bien d'une révolution, avec ses bienfaits et ses risques potentiels. En effet, certains matériaux ont la fâcheuse manie d'émettre des nanoparticules qui vont se balader un peu partout.
« Où est le problème ? » me demanderiez-vous ? Et bien, c'est très simple : ces particules sont tellement petites, qu'elles franchissent la barrière (normalement assez efficace) de vos peau et muqueuses, par exemple. « Et alors, et alors ? » me demanderiez-vous avec la voix angoissée du genre de celle que l'on retrouve dans le célèbre « Zorro » de Henry Salvador.
« Et Et … On ne sait pas trop. » vous répondrais-je.
On commence toutefois de plus en plus à savoir et ce n'est pas « joli-joli » comme tableau. Désolé pour ceux qui se font beaucoup d'argent avec, tout en mettant souvent la tête dans l'autruche... Prenez cette
toute récente étude d'un groupe de chercheurs du NTU (Nanyang Technological University) à Singapour. Ces chercheurs affirment avoir trouvé qu'un composé chimique utilisé habituellement dans les produits pour les consommateurs provoque le cancer.
Il s'agit de l'oxyde de zinc. On l'utilise de plus en plus pour protéger des rayons UV (deviner quel type de produit en contient...). Selon ces chercheurs, ces particules seraient donc capables de pénétrer dans les cellules humaines et d'altérer l'ADN du consommateur puis d'activer une protéine (p53) dont le rôle est de justement d'empêcher la cellule de se multiplier sans retenue (tumeur). Les cellules qui n'ont pas assez de p53 se convertissent donc en tumeurs.

Cette étude suggère que les sociétés privées (cosmétique en particulier) devraient ré-estimer l'impact de ces nanoparticules d'oxyde de zinc sur la santé et surtout, déjà, de les avertir (pour information, la majorité des crèmes solaires contiennent déjà des nanoparticules). Cette étude fait partie d'un thème de recherche qui se nomme la « Nanotoxicologie » qui étudie la toxicité et les risques pour la santé des matériaux qui dégagent des particules dont la taille est proche du nanomètre.
La recherche sur la toxicité des nanoparticules de l'Oxyde de Zinc (ZnO)
se poursuit afin de savoir quels sont les mécanismes à l'oeuvre. On sait déjà de manière certaine que les nanoparticules provoquent du stress dans les cellules : inflammation ou la mort. Cette étude cherche également à trouver les résultats positifs de certaines nanoparticules, afin d'aider la médecine à lutter contre des maladies par exemple.
Pour aller plus loin: Frans M. Christensen, Helinor J. Johnston, Vicki Stone, Robert J. Aitken, Steve Hankin, Sheona Peters, Karin Aschberger.
Nano-TiO2 – feasibility and challenges for human health risk assessment based on open literature. Nanotoxicology, June 2011, Vol. 5, No. 2 : Pages 110-124 (doi: 10.3109/17435390.2010.504899)
newtoon
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6/12/2011
Très crédible.
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