
Ben A. Barres, professeur de neurobiologie à l’université Standford, se bat aujourd’hui pour une plus grande considération, une juste reconnaissance et une plus grande ouverture vis-à-vis des femmes dans le milieu de la recherche scientifique américain. Il vient d’accorder plusieurs interviews dans lesquelles il témoigne des discriminations à l’égard des chercheuses et expose les mesures qu’il conviendrait de prendre pour lutter contre le sexisme...
...dont elles sont victimes : mode de recrutement et attribution des bourses plus équitables ; instauration d’aides financières pour faire garder sa progéniture... et bien sûr, convaincre les hommes de la légitimité de ce combat pour l'égalité.
Sa lutte est d’autant plus capitale que l’un des plus hauts représentants des autorités universitaires - Lawrence Summers, alors président d’Harvard- avait suggéré en janvier 2005 que les femmes avaient naturellement et génétiquement moins d’aptitudes que les hommes pour réussir une carrière scientifique. En dépit des nombreux soutiens masculins de Summers, les protestations que ces paroles suscitèrent l’ont contraint à démissionner en février 2006.
Le point de vue de Ben A. Barres est d’autant plus intéressant qu’il connaît particulièrement bien le sujet de la discrimination sexiste, en ayant lui-même été victime. En effet, jusqu’en 1997, il s’appelait Barbara ! Cette année-là, à la suite d’une double mammectomie due à un cancer du sein, il prit alors la décision de changer de sexe.
Depuis qu’il est homme, ce transsexuel constate qu’il est davantage écouté et respecté mais il n’a jamais oublié qu’un jour, Barbara, ayant trouvé la solution d’un exercice très complexe, s’est vu accusée par son professeur de l’avoir fait résoudre par son petit ami....
Sources:
The New York Times,
San Francisco Chronicle,
Nature n°442
Pangolina
3161
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4/08/2006