
Des chercheurs ont reporté dans la revue Science avoir guéris deux patients souffrant d’un mélanome à un stade avancé grâce à des lymphocytes T génétiquement modifiés.
Au départ, il y a un an, le traitement expérimental avait été administré à 17 patients pour lesquels les traitements habituels (chirurgie et chimiothérapie) n’avaient pas permis de vaincre le mélanome. Malheureusement, ces lymphocytes modifiés n’ont été efficaces que sur ces deux patients. Des recherches vont être poursuivies sur base des résultats.
Les lymphocytes T jouent un grand rôle dans la réponse immunitaire primaire mais également secondaire. "T" est l'abréviation de thymus, l'organe dans lequel leur développement s'achève. Elles sont responsables de l'immunité cellulaire : les cellules (bactéries, cellules cancéreuses) reconnues comme étrangères (c'est-à-dire autres que celles que les cellules T ont appris à tolérer lors de leur maturation) sont détruites par un mécanisme complexe. Mais pour cela, il faut que les lymphocytes puissent détecter l’antigène à la surface de ces cellules. Rosenberg et son équipe (National Cancer Institute) ont constaté qu'une catégorie particulière de lymphocytes T s’attaquaient aux cellules tumorales chez certains patients atteints de mélanome.
Les chercheurs ont analysé les récepteurs permettant aux lymphocytes de détecter les cellules cancéreuses. Ils ont voulu les fabriquer chez certains patients ne possédant pas ces lymphocytes en insérant le gène produisant la protéine (récepteur) dans les lymphocytes des patients grâce à un rétrovirus. Ensuite, ils ont réinjecté les lymphocytes dans le sang des patients. Chez deux d'entre eux, la tumeur a régressé.
Les chercheurs n'ont pour l'instant reporté aucun effet indésirable auprès des deux patients. Même si, l'introduction de gène supplémentaire dans une cellule peut : perturber son fonctionnement, déclencher ou à l’inverse bloquer l’expression d’un autre gène et entraîner une prolifération cellulaire anormale.
Cependant, le traitement a permis de sauver deux personnes n'ayant plus que quelques mois à vivre ce qui encourage les chercheurs à approfondir les recherches. Ils pensent notamment à étendre celles-ci à d'autres types de cancer pour lesquels ils ont déjà identifié les récepteurs sur les lymphocytes.
Source:
Sciences et Avenir
Tyl0x
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5/09/2006