
Les autorités sanitaires canadiennes sont aux prises avec une recrudescence des contaminations à la bactérie Clostridium difficile dans les hôpitaux. Cette bactérie serait responsable de la mort de plus d'une centaine de patients durant les 18 derniers mois. C. difficile est une bactérie bien connue dans les hôpitaux. Elle attaque généralement les patients dont la flore intestinale a été affaiblie par des antibiotiques auxquels elle résiste. La bactérie peut provoquer des diarrhées et des inflammations du colon.
Il s'agit d'une des infections nosocomiales les plus fréquentes. En effet, on estime que 20% des personnes hospitalisées contractent la bactérie. Parmi ces personnes, plus de 30% auront des diarrhées. Les spores de la bactérie résistent à la chaleur et peuvent rester actifs pendant des mois, voir des années. Les spores se retrouvent généralement dans les toilettes et les salles de bain des hôpitaux.
Dans une
étude récente, le Dr. Pépin estime que la proportion de décès chez les patients contaminés par la bactérie C. difficile à Sherbrooke est passée de 4,7% en 1991-92 à 13,8% en 2003. Cela suggère que la bactérie a muté vers une
souche très contagieuse et particulièrement virulente. Le Dr. Pépin et ses collègues pensent que plus de 1000 patients pourraient décéder des suites d'une contamination au Québec en 2004.
Il estime que la seule solution à long terme est de rénover les hôpitaux afin que tous les patients disposent de chambres privées avec toilettes, ou au minimum de toilettes séparées, afin de limiter la contamination. Il insiste sur le fait qu'il ne suffira pas de rappeler les mesures élémentaires d'hygiène au personnel médical pour régler le problème, mais qu'il faudra une réelle volonté politique.
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8/08/2004