
Aussi paradoxal que cela a l'air, des singes placés dans un régime basse calorie ont un système immunitaire rajeuni et robuste.
On avait déjà remarqué ce boost du système immunitaire par le biais de ce type de régime chez les rongeurs. Cette nouvelle étape est donc déterminante pour se rapprocher du cas des humains.
Les globules blancs et autres composants du système immunitaire des singes placés en régime à faible teneur calorique sont bien plus jeunes et prolifèrent bien plus vigoureusement. Mieux : ces singes ont de plus bas niveaux de composés de nature inflammatoires du système immunitaire alors que ces composés peuvent causer des maladies cardiovasculaires et neuro-dégénérative chez les humains.
Les globules blancs sont des parties essentielles du système immunitaire car ils peuvent apprendre à reconnaître et attaquer les éléments pathogènes que le corps n'avait jamais rencontré auparavant.
Ces résultats sont les derniers actuels concernant les avantages sur la santé d'un régime qui consiste à baisser la prise de calorie normale quotidienne de 30 % mais avec une nutrition complète en termes d'apport de vitamines. On sait que chez les souris et probablement les singes, cette technique accroît la durée de vie de 30 % et procure de nombreux avantages de santé comme des taux réduits de cancer et pour les singes, et bien sûr moins de diabètes.
Le fait de savoir que la stratégie de restriction calorique possède des avantages concernant le système immunitaire donne des pistes de recherche pour aider à terme ceux qui ont des difficultés à combattre les infections. En effet, la plus grande susceptibilité aux infections des personnes âgées est une des premières causes de décès pour ceux-ci qui ne peuvent générer autant d'anticorps qu'auparavant pour combattre les infections.
Les personnes atteintes du Sida ont le même problème. Ces personnes pourront donc bénéficier à terme de nouvelles thérapies qui vont copier les mécanismes engendrés par la restriction calorique.
Avec l'âge, nous produisons de mons en moins de globules blancs et nous devenons plus vulnérables. Chez les humains et les singes âgés, non seulement la production de globules blancs est ralentie mais ces cellules sont moins efficaces.
Même si les résultats sont encourageants, ils ne sont pas encore suffisant car il faudrait voir comment ces singes en restriction calorique réagissent à une infection comme la grippe. Or, il est très difficile de mettre au point ce type d'étude. Cela sera néanmoins mis en place ce mois-ci et les chercheurs espèrent voir une réaction différente de ces singes avec les singes au régime normal.
On ne sait pas encore bien comment la restriction calorique agit sur le système immunitaire. Il est possible que les animaux placés en restriction calorique n'investissent pas trop d'énergie dans la création de cellules immunitaires et qu'à un âge avancé, ils puissent continuer d'en créer.
L'étude de l'effet de la restriction calorique sur les singes en est au même point actuellement que celle sur les souris il y a 25 ans. La prochaine décennie permettra de voir si les avantages perçus sont les même que pour les petits animaux, les mécanismes en jeu et la manière dont le système immunitaire fait partie du processus.
Sources :
Imaginascience,
MIT
newtoon
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5/02/2007