
Les personnes qui ont une alimentation riche en fruits et légumes sont moins à risque de développer certaines maladies telles que les problèmes cardiovasculaires, la démence ou certains types de cancer. Ce qui semble s’expliquer simplement : les fruits et légumes contiennent des antioxydants capables de neutraliser les radicaux libres; ces derniers étant impliqués dans un certain nombre de maladies. Alors pour vivre plus longtemps et en meilleur santé faut-il prendre des compléments alimentaires riches en antioxydant ? La réponse est que ces compléments sont loin d’être la solution miracle, et dans certains cas, ils peuvent se révéler néfastes.
Depuis les années 50, les scientifiques ont constaté que des maladies comme les problèmes cardiaques, certains cancers, l’arthrite, la cataracte ou encore les maladies neurodégénératives (Parkinson, Alzheimer) étaient liées aux dommages causés par les radicaux libres.
Les radicaux libres, késaco? Il s’agit de molécules très réactives qui en oxydent d’autres (protéines, lipides, ADN, etc.), et donc ont des conséquences aux niveaux des cellules. Il est à noter que ce processus est naturel puisque il se déroule en présence d’oxygène. Et les antioxydants dans cette histoire ? Ils permettent de neutraliser ces radicaux libres. D’où l’idée que la prise de compléments aurait un effet préventif.
Sauf que ces antioxydants ne sont pas vraiment à la hauteur de nos espoirs et qu’il faudra trouver une autre fontaine de Jouvence. Plus exactement, les résultats décevant sont apparus dans les années 90 avec le bêta carotène.
A partir de la constatation simple que les gros mangeurs de carottes (humains et non pas lapins) avaient un risque moins important de développer un cancer du poumon, il était conseillé aux fumeurs de prendre des pilules à base de bêta carotène.
Mais une étude réalisée par l’institut national américain du cancer est venu remettre en cause ce conseil : l’étude en question, qui portait sur la complémentation la bêta carotène et réalisée avec 18 000 personnes considérées comme à risques, a due être interrompue. Et pour cause! Les personnes qui prenaient le complément en bêta carotène voyait leur risque d’avoir un cancer du poumon augmenter de 28%; et leur « chance » de décéder de 17%. Résultat qui a été confirmé plus tard par d’autres études.
Autre exemple avec la vitamine E. Une large étude réalisée dans les années 90 avait conclu qu’une alimentation riche en vitamine E permettait de réduire significativement les maladies cardiovasculaires. Puis des chercheurs ont conforté ce résultat en proposant une explication : les radicaux libres endommagent les LDLs (des protéines qui servent au transport des lipides); et des tests réalisés dans des tubes à essai ont montré que la vitamine E avait un effet protecteur. CQFD !
Ou presque, car notre corps est loin d’être un tube à essais. C’est du moins les conclusions des études suivantes qui indiquent qu’on peut avoir de gros doute concernant l’activité antioxydante de la vitamine E. Une chose est sûre, la vitamine E joue un rôle important dans notre alimentation, puisqu’une carence entraîne des problèmes neurologiques. Quant à une surconsommation, une étude datant de l’année dernière conclut que cela augmenterait la mortalité.
Et la vitamine C ? Qui un jour n’a pas pris un de ces comprimés effervescents ? Et bien vous pouvez les laisser dans le placard ! Les compléments en vitamine C n’ont d’effet que pour les personnes ayant une carence. Une étude suggère même qu’ils accélèrent l’athérosclérose chez les personnes diabétiques.
Une autre catégorie d’antioxydant connue : les polyphénols. Si ils ont une activité antioxydante dans un tube à essai, il est moins sûr qu’ils puissent atteindre la circulation du sang. Un exemple avec le resvératrol : retrouvé dans le vin rouge, il est détruit lors de la digestion avant de pouvoir atteindre la circulation sanguine.
Vous l’avez bien compris, plutôt que de prendre des compléments, il est nettement préférable d’avoir une alimentation variée et équilibrée.
Source:
Newscientist
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17/02/2007