Le projet Mose ou Moïse a soulevé bien des polémiques et a bien failli ne jamais voir le jour. Il s'agit d'immerger, au fond des trois passes qui font communiquer la lagune avec la mer Adriatique, des digues métalliques creuses. En cas d'alerte, elles seraient remplies d'air et se dresseraient donc en travers des passes pour empêcher l'eau d'envahir le bassin.
Rappelons que Venise est aujourd'hui soumise à une vingtaine d'aqua alta par an qui inondent, au mieux, les quartiers les plus bas de la ville.
Pour que le phénomène se produise, alors que les marées sont très faibles en méditerranée, il faut la conjonction de trois phénomènes : un fort coefficient de marée (tout est relatif), une dépression barométrique importante sur la région et un fort vent du sud.
En 1966, alors que les conditions étaient déjà réunies pour une belle aqua alta, des pluies torrentielles se sont abattues sur la lagune et la vénétie, venant grossir le niveau des eaux pendant la marée montante. Le vent a fait le reste, empêchant le vidage naturel du bassin. Résultat, la place Saint Marc s'est retrouvée sous 1.94 mètres d'eau.
Alors, faut-il dépenser tant d'argent (Moïse coûtera environ 5 milliards d'euros) pour conjurer ce phénomène, si le réchauffement global du climat et la hausse du niveau des mers viennent noyer la ville en permanence?
Je crois que oui. Rien ne serait pire que de s'asseoir en se lamentant sur l'inévitable et, bien que mortels, nous nous levons chaque matin.
En attendant, si vous allez à Venise et désirez savoir s'il faut emporter des bottes, consultez le
centre communal des prévisions des marées de la ville, en vous souvenant qu'il suffit de 40 centimètres d'eau "en trop' pour que la ville soit inondée à 90%.
(Informations recueillies sur le site de
la Panse)