
L'entomologiste Zachary Huang, spécialiste des abeilles, a remarqué que les ouvrières les plus âgées exercent un contrôle sur la maturation des plus jeunes. Les jeunes abeilles sont en charge du nettoyage de la ruche. Plus tard, elles s'occupent de nourrir les larves et elles ne deviennent butineuses qu'à la fin de leur vie. Si un nombre important de butineuses ne rentre pas à la ruche, les nourrices vont arriver plus rapidement à maturité et remplacer les butineuses manquantes.

Ce mécanisme permet à la ruche de conserver un équilibre entre le nombre d'ouvrières qui partent récolter le pollen et celles qui s'occupent de l'entretien de la ruche. Huang avait observé ce phénomène il y a plus de dix ans, mais jusqu'ici, personne n'était parvenu à l'expliquer.
En travaillant avec des chercheurs américains, français et canadiens, il est parvenu à comprendre comment les butineuses peuvent ralentir la maturation des jeunes ouvrières.
Les chercheurs ont naturellement soupçonné les phéromones, ces signaux chimiques très communs dans le monde des insectes, d'être à l'origine de ce phénomène. On connaît bien les phéromones qui ont un effet immédiat sur le comportement des insectes, comme les phéromones sexuelles. Par contre, les phéromones dont l'effet prend plusieurs jours voir des semaines sont beaucoup moins bien connues.
Les scientifiques ont découvert que les butineuses avaient de l'
oléate d'éthyle dans le réservoir de nectar de leur abdomen. Elles nourrissent les jeunes ouvrières avec cette phéromone primaire, afin de les forcer à rester immatures et à rester dans la ruche. Lorsque les butineuses meurent, la quantité d'oléate distribuée est moindre et les ouvrières se développent plus rapidement.
Cette étude a été publiée dans
Proceedings of the National Academy of Science.
ben
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1/12/2004