
En avril dernier, Retspan avait annoncé la
création de PeerFactor, un service de lutte contre le piratage basé sur l'utilisation de leurres. Le principe est simple: les membres du réseau PeerFactor distribuent par p2p des fichiers similaires aux logiciels pirates, à la différence qu'une fois exécutés ils mènent l'utilisateur vers un site de vente en ligne ou il pourra acheter le logiciel en toute légalité.

Retspan n'ayant plus donné de nouvelles pendant plus de six mois, certains ont conclu qu'il s'agissait d'un canular. Mais il n'en est rien, car PeerFactor vient de lancer une campagne de test qui devrait durer jusqu'en février. Les volontaires ont reçu un email leur permettant de télécharger et de personnaliser des leurres qui envoient vers la page de téléchargement de la version d'essai de l'antivirus BullGuard.
Un logiciel permet de créer des leurres de différentes tailles, d'y inclure l'identifiant du participant et de les renommer. Pour chaque vente générée par ce moyen, le participant recevra 25% du prix de vente hors taxes. Le règlement de PeerFactor précise qu'il n'est pas permis de renommer le leurre avec le nom d'un produit similaire plus populaire. Mais il n'y a aucun moyen pour Retspan de contrôler ce problème.
En effet, il ne faudra pas longtemps pour que les participants comprennent que leur fichier sera plus souvent téléchargé s'il se nomme "Norton Antivirus" plutôt que "BullGuard". Tant que cela ne touche que les logiciels pirates, ce n'est pas bien grave. Mais la ou cela devient inquiétant, c'est que cela pourrait fonctionner aussi bien avec les logiciels libres, les démos, les patches de sécurité et toutes les applications légales des réseaux P2P.
Après les virus, spywares et chevaux de Troie, les leurres à but lucratif viendront-ils s'ajouter aux problèmes des réseaux de partage de fichiers? Retspan viendrait-il d'ouvrir la boite de Pandore qui rendra le P2P inutilisable?
ben
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10/12/2004