
L'inconvénient de la théorie de l'évolution de Darwin est qu'il est difficile de l'observer à l'échelle de la vie humaine. Dans quelques cas, c'est cependant possible : chez certains papillons par exemple.
Les chercheurs de l'île de Samoa ont pu observé à loisir l'évolution darwinienne à l'action. La population des papillons « Blue Moon » (
Hypolimnas bolina) revient de loin : ils avaient pratiquement été décimés par un parasite. Ils n'ont la vie sauve qu'en raison d'une « course aux armements » sur un plan évolutionniste.
Il y a six ans environ, les papillons Blue Moon mâles ne constituaient que 1% de l'espèce. La raison en était la présence d'une bactérie parasite nommée Wolbachia. Cette bactérie est transmise par la mère et cela tue les papillons mâles avant qu'ils n'aient le temps de se reproduire.
La bactérie continue encore à agir mais on constate pourtant que les mâles constituent désormais 40 % de la population. Un gène permet en effet de contenir l'efficacité de la bactérie. En 10 générations seulement, soit en un an à peu près, le gène s'est propagé dans l'entière population !
Pour les chercheurs, il s'agit sûrement de la plus rapide modification génétique jamais observée suite à la sélection naturelle. Cela montre également que lorsqu'une population est soumise à une pression sélective très intense, comme ici un très grand écart de populations mâles/femelles, l'évolution peut devenir très rapide.
On ne sait pas bien par contre si le gène est arrivé par mutation aléatoire ou introduit par un autre papillon (migrateur). Quoiqu'il en soit, une fois là, les mâles qui survivaient à cause de lui avaient pour eux que l'embarras du choix pour s'accoupler et le gène salvateur se propage alors d'autant plus vite.
Sources :
Imaginascience,
The Register
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20/08/2007