The Guardian, il y a quelques jours l’affirmait : Craig Venter, célèbre mais contreversé biologiste, aurait mis au point un chromosome de synthèse prêt à donner une vie artificielle. Le week-end dernier, son porte-parole dément, mais nous prépare à une annonce prochaine.
Les laboratoires de Craig Venter n'en sont pas à leur premier coup d’éclat. Spécialiste du séquençage du génome humain, ses chercheurs américains avaient tenté, il y a un an, de déposer des brevets sur le patrimoine génétique humain.
La nouvelle marotte de ces laboratoires soutenus par le gouvernement américain est la mise au point d’un organisme créé artificiellement. Cet organisme unicellulaire serait créé à partir d’un chromosome contenant 381 gènes. Ce nombre minimaliste est obtenu à partir du patrimoine d’un organisme bien naturel : la bactérie
Mycoplasma genitallium dont la spécialité est de venir affoler nos voies génitales. Cette bactérie a, donc, fait l’objet d’une cure d’amaigrissement afin d’obtenir un organisme estampillé Craig Venter.
Le nouvel organisme s’appellerait le
Mycoplasma laboratorium. Il convient d’utiliser le conditionnel. En effet, le journal
The Guardian annonçait la nouvelle, il y a quelques jours suite, à un entretien avec Craig Venter. Et là deux hypothèses : soit Craig est un sacré manipulateur, soit le journaliste est un petit malin. La porte-parole Heather Kowalski des laboratoires Venter est venu démentir la création du chromosome de synthèse.

Représentation des 580.000 paires de base du Mycoplasma genitallium, wikipedia
Donc, d’un coté , nous avons un laboratoire qui pense arriver à son objectif dans quelques mois, et d’un autre un journal qui affirme que la nouvelle est imminente. Cela ressemble à un bon plan de communication.
Imaginons un instant que la nouvelle soit réelle : il s’agirait tout bonnement de la création d’un organisme basé entièrement sur de l’ADN mis au point par l’homme. Au-delà, des problèmes philosophico-religieux, les premières réactions sont partagées. Les optimistes imaginent pouvoir utiliser cette technique pour la mise au point de médicaments ou pour la production d’énergie verte. Les pessimistes, eux, voient déjà comment l’armée pourrait faire d’excellentes armes bactériologiques.
Sources :
RTL info.be ,
come4news
gardenisto
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10/10/2007