Chaque année, à pareille époque, les forêts se parent de mille feux : de jaune, d’orange et même de rouge éclatant. Aussi incroyable que cela paraisse, les chercheurs n’avaient pas encore percé tous les secrets de la magie de l’automne…
L’été, les feuilles des arbres sont bien vertes. Et pour cause, la photosynthèse tourne à plein régime : autrement dit, les végétaux utilisent un maximum de lumière du soleil pour fabriquer leur propre matière organique, et – cerise sur le gâteau – nous offrir de l’oxygène. Ainsi, les feuilles sont vertes, parce que le pigment qu’elles contiennent et qui participe à la photosynthèse, la chlorophylle, est lui-même vert.
Que se passe-t-il en automne ? Bientôt l’hiver, et il faut s’y préparer ! Le soleil se fait de moins en moins présent, les températures commencent à chuter et la photosynthèse, coûteuse en énergie, est réduite à sa plus simple expression. Certains arbres préfèrent carrément se débarrasser de leurs feuilles, un processus qui commence par la destruction de la chlorophylle et se poursuit par la récupération des matériaux organiques.
Enfin s’expriment d’autres pigments, les caroténoïdes, qui colorent les feuilles en jaune, orangé… Ils y ont toujours été présents, mais passaient, jusqu’à l’arrivée de l’automne, complètement inaperçus au profit de cette chère chlorophylle. Quid de ces feuillages rouges flamboyants visiblement pas pressés de tomber et que l’on observe parfois sur certains arbres (mais pas sur tous) ? Ils sont l’œuvre d’autres pigments azotés, les anthocyanines.
Et à leur sujet, les scientifiques viennent de faire une découverte présentée lors du congrès annuel de la Geological Society of America. Il faut savoir que la production d’anthocyanines consomme elle aussi beaucoup d’énergie. Alors pourquoi en dépenser encore lorsqu’on s’apprête à affronter une longue période de disette ? Voici qui intriguait particulièrement l’Américaine Emily Habinck de l’Université de Caroline du Nord.
Partie sur les traces de William Hoch, lequel avait déjà flairé un début de réponse en 2001, la biologiste a mené l’enquête ! Alors, alors ? En réalité, cette production est bénéfique aux arbres qui poussent sur des sols pauvres en éléments nutritifs… Les anthocyanines, prolongeant la protection des feuilles - leur durée de vie donc -, donnent un délai supplémentaire aux arbres pour prélever (via leurs feuilles et racines) et stocker un maximum d’éléments nutritifs dans leur environnement. Ils peuvent ainsi passer l’hiver dans des conditions optimales. Malin !
CarolineLepage
2207
2
12/11/2007