
L’augmentation considérable des débits des télécommunications réalisée ces dernières années tant dans les transmissions numériques qu’analogiques, a rendu les méthodes usuelles de cryptage vulnérables. En effet, ces dernières reposant sur un algorithme de calcul deviennent de plus en plus fragile face à la montée en puissance des calculateurs, car, si leur rapidité de calcul est très efficace pour chiffrer ou déchiffrer l’information, elle l’est aussi pour la cryptanalyse (la «science» du cassage des codes ou «clés») puisqu’un très bon moyen de casser un code peut se réduire selon les cas à chercher toutes les combinaisons.
De plus, l’annonce des capacités de calcul très prometteuses (et colossales) de l’ordinateur quantique ainsi que la constante avancée de la théorie des nombres font apercevoir la chute brutale du cryptage algorithmique.
Deux alternatives ont alors été développées durant la dernière décennie : la cryptographie quantique et la cryptographie chaotique. La première résout de manière radicale le problème de la confidentialité puisque par principe, elle offre une clé incassable (lié au principe d’incertitude d’Heisenberg), mais son débit est très limité (de l’ordre de quelques dizaines de kbits/s) et son coût de mise en œuvre reste très élevé. La cryptographie par chaos, quant à elle, a déjà donné la preuve de sa faisabilité et de sa puissance de chiffrage (supérieur à 1 Gbits/s).
Dans certain cas, la cryptanalyse peut se baser sur la répétabilité du signal transmis car les algorithmes de cryptage sont des suites de nombres pseudo aléatoires. Il est alors possible de reconstruire la clé à partir du signal crypté. Pour éviter ce type de faille, il faut donc que la clé ait une dimension suffisamment complexe pour que même à long terme, on ne puisse pas remonter au code. Le principe serait alors de se servir d’un bruit aléatoire évoluant dans le temps dont on connaît les caractéristiques en guise de clé.
Le chiffrement d’un message par le chaos s’effectue donc en superposant à l’information initiale un signal chaotique. On envoie par la suite le message noyé dans le chaos à un récepteur qui lui connaît les caractéristiques du générateur de chaos. Il ne reste alors plus au destinataire qu’à soustraire le chaos de son message pour retrouver l’information. Si la génération du chaos et le cryptage du message ne présente pas de problèmes majeurs, on va voir par la suite que du fait de la nature même du chaos, le décryptage va quant à lui présenter des étapes critiques notamment pour recréer la composante chaotique du message et la soustraire.
Source :
Tout pour la Science
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12/03/2005

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