
Bien souvent, le gros bon sens nous donne les bonnes pistes pour trouver des remèdes ou éviter de tomber malade. À l'inverse, c'est parfois totalement contre-intuitif... Comme respirer des poussières de fumier pour éviter le cancer du poumon!
À la fin du XIXe, le Dr William Coley jouait à l'apprenti sorcier en injectant des bactéries dans la chair de ses patients cancéreux. Contre toute attente, après quelques semaines de fièvre, plusieurs ont vu leurs tumeurs régresser.
Ces résultats étaient inexplicables à l'époque, et les travaux n'ont pas été pris au sérieux. Mais au regard d'une nouvelle étude, Coley pourrait bien avoir vu juste.
On savait déjà que les gens qui souffrent d'acné d'origine bactérienne ont moins de risque d'avoir un cancer de la peau, un lymphome ou une leucémie. Des études ciblant les travailleurs du coton, exposés à des toxines particulières, ont montré qu'ils ont 40 à 60% moins de risque de contracter un cancer du poumon, du sein, ou du pancréas que leurs collègues. Même chose pour les fermiers qui respirent les poussières de fumier de leurs animaux.
Pour ces deux derniers cas il y a cependant un bémol, la diminution de risque de cancer est accompagnée d'une augmentation des affections respiratoires. Le défi pour les pharmaceutiques serait donc d'isoler les composants qui boostent efficacement notre système immunitaire dans sa lutte contre les tumeurs cancéreuses, tout en évitant les effets secondaires.
Une piste serait d'utiliser des morceaux d'ADN identifiés comme pathogènes par notre organisme. Cette technique a été employée avec succès pour augmenter l'efficacité de certains vaccins, mais jusqu'ici les essais dans le traitement du cancer ont échoué. Par contre, des injections de Streptococcus, Serratia ou Mycobacterium ont eu des effets encourageants lors d'essais cliniques à petite échelle (200 patients en tout).
Source:
L.A. Times
ben
1083
1
26/02/2008