
Les terrils, ces cônes de déblais qui modèlent les paysages des bassins miniers, sont constitués de « stériles », roches schisteuses encaissant les veines de charbon et entassées pendant les décennies de production. Or, il faut savoir que les terrils sont actifs pendant des années, et émetteurs de fumerolles, tels des volcans… Pourquoi ?
Avec la mise au jour des roches, l’oxydation entraîne au cœur des terrils des phénomènes chimiques qui ont pour conséquence la production de chaleur, la production de gaz et secondairement, la cristallisation à la surface de minéraux spécifiques tels le salmiac (NH4Cl) ou le soufre.
Les températures atteintes au cœur de certains terrils peuvent atteindre… 1900 degrés ! (Pour référence, laves les plus chaudes émises par les volcans, 1200 degrés). Ces températures induisent naturellement une fusion des roches qui forment alors une sorte de magma dans le terril, lequel devient le siège de phénomènes physico-chimiques complexes. Les schistes d'ordinaire friables en deviendront beaucoup plus résistants après fusion et solidification, et seront alors utilisables en tant que remblais, ballast, etc. Encore faut-il que la température nécessaire soit atteinte et maintenue. Pour cela, un apport régulier d’oxygène est indispensable et c’est pourquoi les terrils encore actifs sont arrosés. Quand l’activité s’arrête, l’exploitation du terril peut commencer.
Le dernier terril encore actif en France est celui de La Ricamarie, près de Saint-Étienne dans la Loire. On peut y voir non seulement des fumerolles, mais aussi… des collectionneurs de cristaux en quête de pièces rares. Et rares, elles le sont, puisque ces pièces minéralogiques ne peuvent plus se former ailleurs, les autres terrils étant éteints.
Laissons donc pousser les arbres sur ces monts refroidis.
Et s’il n’en reste qu’un, arrosons celui-là.
Source:
Bassins houillers de Belgique
Ludwig
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12/03/2008