
Le séquençage du génome du maïs (de son nom latin
Zea mais) vient de connaître un sérieux coup d'accélérateur. L'Université de Washington a en effet annoncé, le 25 février dernier, avoir achevé le premier « brouillon » de son génome.
Ce projet américain, financé à hauteur de $ 29,500,000 a été lancé en 2005 par la NSF (National Science Foundation), le Département de l'Agriculture et le Département de l'Énergie. Le maïs n'est bien entendu pas un choix anodin. Son intérêt agronomique suscite de nombreuses recherches en sciences végétales et l'étude de sa génétique moléculaire fut à l'origine de nombreuses découvertes fondamentales en biologie.
Le génome du maïs compte près de 2 millions de bases d'ADN. Les chercheurs en ont séquencé 95 %. Près de 80 % de ces segments sont répétés, et l'ensemble code pour 50.000 à 60.000 gènes. Autre particularité surprenante, le génome du maïs contient des séquences génétiques mobiles, les transposons. Cela signifie que ces séquences d'ADN sont capables de "se déplacer" dans le génome grâce à un mécanisme de protéines spécialisées. Ce phénomène est ainsi impliqué dans la coloration mosaïque de certains épis de maïs. Mais ces transposons représentent une part significative du génome du maïs, compliquant sérieusement les efforts de séquençage des chercheurs américains. Nul doute que ces derniers eurent de nombreuses pensées pour Barbara McClintock, Prix Nobel de Médecine (1983), qui découvrit dans les années 40-50 ce surprenant mécanisme !
Ce séquençage servira aussi bien à la recherche en sciences végétales qu'au développement agronomique, comme le développement de nouvelles variétés de maïs. Aux États-Unis en 2007, la production de maïs représentait 13,1 milliards de boisseaux (+25 % par rapport à 2006 ; 1 boisseau US de maïs vaut 0,02540 tonne), et était estimée à 3 milliards de dollars. 56 % de cette production est destinée à l'alimentation animale, 18 % à l'exportation et 13 % à la production de bioéthanol. Cette recherche génomique se positionne donc dans un contexte agroéconomique fort.
Mais les chercheurs n'entendent pas s'endormir sur leurs lauriers, et comptent utiliser leurs crédits de financement restants pour peaufiner leurs travaux, déjà particulièrement riches en résultats !
Sources : Washington University Press. Pour en savoir plus sur Barbara McClintock et les transposons une très bonne page Wikipedia lui est consacrée.
Guillmot
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18/03/2008