Salut,
Merci Ben pour l'article,
Je pense que l'idée était un environnement invariant, mais des vrais et faux jumeaux qui ont donc soit le même génome soit un génome différent. Si l'environnement a une influence majeure, on devrait observer une grande concordance entre les deux jumeaux, qu'ils soient monozygotes ou dizygotes. Si la génétique joue un rôle, les jumeaux dizygotes devraient avoir des comportements nettement plus différents que les vrais jumeaux.
Le problème du contrôle de l'environnement, c'est que cela renforce artificiellement la part de variance expliquée par le facteur génétique. Contrôler l'environnement est utile pour examiner l'existence d'un effet de cette variable génétique, mais est inutile quand il s'agit de déterminer la part que représente la génétique sur le comportement.
En d'autres termes, contrôler l'environnement ne permet pas d'affirmer que "si l'environnement a une influence majeure, on devrait observer une grande concordance entre les deux jumeaux, qu'ils soient monozygotes ou dizygotes", mais plutôt quelque chose comme "si la génétique n'a pas d'influence, on ne devrait pas observer de grande concordance entre les deux jumeaux, qu'ils soient monozygotes ou dizygotes".
Pour affirmer que l'environnement a une influence importante ou faible, la méthodologie requiert de faire varier cet environnement.
Les études sur les jumeaux mettent en avant un certain nombre de résultats, mais beaucoup de résultats contradictoires sont un peu minimisés. Par exemple, les études portant sur la transmission génétique de l'intelligence, utilisant les
twin-studies tendent à montrer que la génétique rend compte de l'intelligence, en affichant des corrélations plus importantes entre les vrais jumeaux (MZ) qu'entre faux jumeaux (DZ). Les vrais jumeaux partagent 100% de leurs gènes, alors que les faux jumeaux partagent 50% de leur patrimoine. Ce qui est rarement mis en avant dans ces études, c'est la différence de corrélation entre faux jumeaux (50% de gènes partagés) et frères et/ou soeurs (50% de gènes partagés), ou encore entre faux jumeaux de même sexe, et faux jumeaux de sexes différents, cette dernière corrélation (faux jumeaux de sexe différent) n'étant pas très différente de celle des frères et soeurs non jumeaux.
Les études sur les jumeaux (en environnement contrôlé) permettent de mettre en évidence un effet génétique, mais pas de conclure sur la part de génétique relativement à la part environnementale.
Cependant, d'autres facteurs viennent teinter ces conclusions. Dans les études sur les jumeaux, le facteur génétique est confondu avec d'autres facteurs tels que le chorion (les jumeaux MZ sont plus probablement monochorionque, alors que les DZ sont dichorioniques), mais également, et surtout, la socialisation (les vrais jumeaux sont plus souvent habillés pareils par leurs parents, confondus par leur entourage, etc.). Du coup, il devient difficile de prétendre que ces études "prouvent" quoi que ce soit de génétique.
A mon avis, tant qu'on aura pas mis la main sur LE (ou la combinaison de) gène(s) qui fait voter à droite ou à gauche, il faudra prendre des précautions quant au conclusions de ce genre d'études.