
Depuis plus de deux décennies, le loup figure sur la liste des espèces protégées sur le plan international et européen. La loi interdit d’abattre ces bêtes. Toute désobéissance à cette directive équivaut à un délit pouvant conduire au tribunal. Les éleveurs de moutons cohabitent difficilement avec ce prédateur devenu insatiable puisque ne rencontrant aucune opposition. Comment favoriser à la fois l’élevage d’animaux pacifiques tout en laissant approcher ces carnivores alléchés par l’odeur de ces tendres brebis?
La protection de ces prédateurs en voie de disparition accentue le risque du déclin d’autres animaux ne figurant pas encore dans cette catégorie. La protection des lions, des tigres, des babouins, des éléphants et des chimpanzés provoque des situations similaires en des pays également soumis à cette même interdiction. Le piétinement des terres cultivées par ces animaux, qui vont et viennent sans restriction aucune, entraîne la destruction des cultures.
Des programmes d’accompagnement mis de l’avant par les états concernés et l’Union européenne visent à remédier à cette situation devenue intolérable pour les éleveurs désarmés devant ces prédateurs. Les sommes investies bénéficieront à la France, l’Italie, la Croatie, le Portugal et l’Espagne. Des gestes concrets tel que la pose de clôtures électriques protégeant les troupeaux dans les secteurs où on dénombre plus de loups, ainsi que l’introduction de chiens de garde, profitent aux éleveurs.
Durant la saison estivale, des bénévoles offrent leur concours en vue de superviser les allers et venues des bêtes. Un soutien pour le transport par hélicoptère de matériel dans les estives, l’aide apportée à la reconstruction des cabanes, ainsi qu’un appui monétaire aux éleveurs, par la valorisation des produits de la ferme permet une meilleure cohabitation des loups et humains. Tout berger se verra rembourser une fois et demi le prix des bêtes tuées par les loups, cette dernière mesure pouvant toutefois inciter les profiteurs à simuler de telles situations.
Écologistes et éleveurs divergent de point de vue quant à la nécessité de ne plus abattre ces bêtes dévoreuses de bétail. Certains propriétaires de troupeaux concèdent que l’on doive protéger les espèces en danger et tentent d’éloigner les loups par des techniques d’effarouchement. D’autres revendiquent le droit de capturer les loups présents dans les montagnes des Alpes-Maritimes, de les rassembler dans des enclos sous surveillance afin de pouvoir reprendre possession des pâturages abandonnés suite au grand nombre de prédateurs présents en ces lieux.
Sources:
Le Monde,
Unice.fr
Aleph
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7/08/2008