
Devant l’étonnante quantité de nectar fermenté qu’ingurgite quotidiennement une musaraigne d’Asie, comment ne pas s’imaginer qu’elle puisse fredonner ce refrain joyeux en sirotant en une nuit l’équivalent de neuf verres de bière! Aucunement incommodée par la prise de ce liquide contenant jusqu’à 3,8% d’alcool, le taux le plus élevé rencontré dans un aliment naturel, cette petite bête s’abreuve à même les fleurs d’un palmier dont les effluves rappellent celles d’une brasserie.
Une équipe internationale de biologistes espère que cette surprenante découverte mènera à la compréhension du métabolisme de l’alcool ainsi que de cette fonction de détoxication qui permet à la musaraigne de ne pas ressentir l’effet enivrant de ces liquides fermentés. Nuit après nuit, toute l’année, ce petit animal revient polléniser les fleurs du palmier et se délecter du nectar de ses fleurs.
Des caméras de surveillance enregistrèrent, outre la présence du ptilocerque de Low, autre appellation de ce petit mammifère assoiffé, la présence de rats, chauve-souris, et d’un petit primate venus également assurer la fécondation des fleurs de cet arbre odorant. La musaraigne d’Asie battit les records en buvant de ce nectar durant 138 minutes par nuit, atteignant ou dépassant ainsi la limite d’alcool permise chez les hommes avant de parvenir à un état d’ébriété correspondant à 1,4 grammes d’alcool par kilo de masse corporelle en trois journées.
Le rongeur ne démontre aucun symptôme de chancelèrent suite à cette surconsommation d’alcool et la prise journalière de ce nectar n’affecte en apparence ni son foie, ni son cerveau ou autres organes. Cette tolérance exceptionnelle à un taux élevé d’alcool dans le sang suscitera sans doute l’envie de quelque buveur invétéré interpellé par ce phénomène.
Sources:
Le Figaro,
Mutagenese
Aleph
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16/08/2008