
Les chercheurs de l'hôpital St-Thomas de Londres ont mené une très vaste étude à propos de l'horloge biologique. Selon leurs recherches, l'obésité accélère le vieillissement dans une plus grande mesure que le tabagisme. La division cellulaire raccourci les extrémités des chromosomes constituées de séquences répétitives, jusqu'à ce qu'ils deviennent trop courts et que la cellule perde la faculté de se diviser. Ces extrémités, appelées télomères, agissent donc comme un sablier génétique qui diminue à chaque génération de cellules.
Un chromosome et ses télomères. Image: Wikipédia
Les scientifiques ont mesuré les télomères des globules blancs de 1122 femmes âgées de 18 à 76 ans. On observe des différences majeures en fonction du style de vie de ces personnes. Les personnes obèses perdent l'équivalent de huit ans et dix mois de générations cellulaires. Le second facteur influençant la taille des télomères est le tabagisme, qui prive les fumeurs de quatre ans et demi de division de cellules en moyenne, voire près de sept ans et demi pour ceux qui fument 20 cigarettes par jour pendant 40 ans.
On observe une synergie chez les fumeurs obèses, qui ont des télomères plus vieux d'au moins dix ans par rapport aux non-fumeurs de poids normal. Les effets semblent permanents, le fait d'arrêter de fumer ou de maigrir ralentira la vitesse de destruction des télomères, mais ne leur permettra pas de régénérer. Les chercheurs pensent que le dommage fait aux télomères vient des radicaux libres, dont l'origine serait le stress oxydatif causé par le tabagisme et le surpoids.
On ignore encore si la taille des télomères influence la durée de vie. Les télomères des femmes sont plus grands de ceux des hommes, d'une longueur correspondant à la différence moyenne d'espérance de vie des deux sexes. Mais cela pourrait être une coïncidence, car personne n'a encore pu démontrer une relation. Par contre, on peut considérer la taille des télomères comme une indication du stress oxydatif subi par l'ensemble de la cellule, ce qui est un facteur de vieillissement et de cancérogenèse.
Sources:
The Lancet,
New Scientist
ben
16233
3
14/06/2005