Un rapport publié par la Royal Society au Royaume-Uni tire la sonnette d’alarme à propos du triste futur qui attend la Planète Bleue. En effet, les océans sont de plus en plus acides, un phénomène qui dépend directement du dioxyde de carbone rejeté dans l’atmosphère et qui pourrait altérer toute la chaîne alimentaire marine ! Un scénario catastrophe pour un cercle vicieux que l’homme a lui-même déclenché…
Personne ne sait vraiment en réalité comment stopper le phénomène. Mais les scientifiques ne cessent de le crier au monde entier, nous sommes dans la zone rouge. Une seule certitude : « si les émissions de CO2 émis produites par les activités humaines continuent à grimper, les océans deviendront si acides d’ici 2100 que la vie marine pourrait être menacée de telle sorte que nous ne puissions l’anticiper » insiste le Dr Ken Caldeira, co-auteur du rapport qui se veut alarmiste. Pourquoi ce ton pessimiste ? Parce que nous sommes à quelques jours du lancement du sommet du G8 à Gleneagles, en Ecosse et qu’il est désormais plus que temps pour les gouvernements de prendre des mesures concrètes et de respecter enfin les peut-être trop modestes objectifs du protocole de Kyoto.
En deux siècles, l’océan mondial a englouti à lui seul près de la moitié du dioxyde de carbone issu principalement de la combustion des énergies fossiles. La conséquence immédiate est la réduction de son pH de 0,1 unité (le pH est le potentiel Hydrogène qui en mesurant la concentration des ions H+ reflète l’acidité d’une solution sur une échelle montant jusqu’à 14. Tout pH supérieur à 7 indique un liquide basique, égal à 7 un liquide neutre, ou inférieur à 7 un liquide acide). 0,1 cela semble dérisoire et pourtant, si nous continuons à ce rythme là, les scientifiques prévoient une chute de 0,5 unités (pH actuel de 8,2) d’ici 2100 (pH de 7,7 !), soit un niveau de pH océanique jamais atteint depuis des millions d’années. Difficile donc de prévoir quelles pourront être les effets sur la vie marine…
En effet, le CO2 une fois dissous dans l’eau de mer devient de l’acide carbonique. Bien sûr, la chaîne alimentaire a besoin de ce CO2, mais pas en excès ! Ainsi, les spécialistes craignent une disparition accélérée des récifs coralliens qui sont déjà en bien mauvais état, et en Antarctique, du plancton qui représente la base alimentaire de toute la faune. Tous ces organismes ont besoin du carbonate de calcium pour produire leur squelette ou leur coquille, et si les eaux environnantes sont trop acides, leur structure risque de se désagréger et eux de disparaître progressivement. D’autant que cette concentration accrue de CO2 dans l’eau pourrait engendrer de graves problèmes respiratoires chez la plupart des espèces. Et si le CO2 vient lui aussi à saturer les océans, cette incroyable chimie qui leur permettait de l’absorber massivement ne sera plus efficace, augmentant encore le phénomène de réchauffement climatique dans l’atmosphère. Bref, un cercle vicieux aussi néfaste pour la vie marine que pour l’humanité qui trouve de quoi s’alimenter dans les océans…
Source :
Rapport de la Royal Society
CarolineLepage
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11/07/2005