
À partir de techniques déjà utilisées dans le milieu médical, des chercheurs américains et britanniques travaillent actuellement sur l’élaboration de viandes de culture destinées à l’alimentation humaine. Dans un milieu favorable, des cellules musculaires de poulet, bœuf, porc, poisson et même fruits de mer sont disposées sur de grandes feuilles ou draps, voire sur des billes en suspension.
Durant leur phase de croissance, ces cellules sont étirées afin de présenter une structure proche de celle de la viande ; ce processus d’étirement est en effet indispensable sinon le produit obtenu se développe sous forme de bouillie gélatiniforme. Lorsque ses cellules sont suffisamment grosses, il devient comestible ; détaché de son support, il peut alors être proposé sous forme de viandes industrielles (nuggets, saucisses, hamburgers).
Vous vous attendiez à un steak ou une darne de poisson ? Patientez encore un peu : la structure complexe de ces pièces nécessite la reproduction de vaisseaux sanguins, de graisses et de tissus conjonctifs. Les chercheurs sont à l’œuvre : en greffant du tissu humain sur des souris, ils sont déjà parvenus à créer un tissu musculaire doté de ses propres vaisseaux sanguins.
Si la viande de laboratoire offre d’incontestables avantages pour l’amélioration de la condition animale (alternative aux élevages industriels qui seraient appelés à disparaître de même que leur corollaire : les longs transports en bétaillères) et de l’environnement (suppression de la pollution générée par ces élevages), se posent désormais la question de son innocuité et de l’accueil que lui réserveront les consommateurs.
Source :
The Independent
Pangolina
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6/09/2005