Fascinante, n’est-ce pas, cette adaptation saisonnière qui permet à certaines espèces animales de survivre aux grands froids ! Méconnue aussi depuis des décennies. Mais la persévérance finit toujours par payer. Dernière découverte ? Une hormone cérébrale… avec -cerise sur le gâteau-, de nouvelles perspectives de thérapie en médecine.
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« L’un des phénomènes les plus curieux chez les mammifères est leur capacité à hiberner, ce qui leur permet de survivre à des températures corporelles extrêmement faibles, voire proches de zéro ! » explique Takashi Ohtsu de l’Académie des Sciences et technologies de Kanagawa au Japon, coauteur de la publication parue le 7 avril dans la revue Cell. Son équipe s’est donc intéressée aux tamias, sortes de petits écureuils, chez lesquels ils ont identifié un signal semblant essentiel au déclenchement de l’hibernation.
L’hibernation, de quoi s’agit-il au juste ? D’un état de léthargie : baisse de la fréquence cardiaque, de la consommation d’oxygène, etc. L’organisme de l’animal (hérissons, loirs, marmottes, chauves-souris, ours, certains oiseaux, etc.) fonctionne au ralenti, en hypothermie contrôlée grâce à son métabolisme diminué. Les besoins en énergie étant moins importants, l’hibernant vit sur ses réserves accumulées à l’automne et passe un hiver… tout en douceur ! Selon cette récente étude japonaise, le signal déclencheur serait un complexe baptisé Protéine Spécifique de l’Hibernation (HPc).
Les scientifiques ont montré que son taux dans le sang des tamias décline juste avant l’hibernation et qu’il reste faible durant cette période d’inactivité. L’hibernation prend fin lorsque le taux sanguin d’HPc remonte. En revanche, c’est totalement l’inverse dans le liquide céphalo-rachidien (LCR). D’ailleurs, en bloquant l’activité de l’HPc dans le cerveau à l’aide d’anticorps spécifiques, les biologistes ont assisté à un raccourcissement de la période d’hibernation. Conclusion, selon eux, l’HPc doit bénéficier d’un transport actif du sang vers le LCR en fonction du rythme biologique de l’animal.
Et même mieux : la molécule doit probablement intervenir sur d’autres évènements physiologiques et saisonniers chez les espèces non hibernantes, comme la reproduction ou la migration par exemple. Cette découverte pourrait avoir « des applications en pharmacologie dans la prévention de pathologies potentiellement mortelles chez les humains comme l’hypothermie, l’ischémie, l’atrophie musculaire, l’infection bactérienne et la tumorigénèse, processus observés chez les hibernants durant l’hibernation » suggèrent les chercheurs. D’autres promesses d’avenir ? Oui, en cryochirurgie (thérapie par le froid intense pour détruire des tissus cancéreux) ou en chirurgie transplantatoire. On pourrait ainsi maintenir en 'hibernation' plusieurs semaines, voire plusieurs mois, les organes des donneurs. Bref, le champ de possibilités est vaste !
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