Chez les mantes religieuses, ces dames ont l’habitude de s’adonner au cannibalisme sexuel après l’acte reproducteur. Mais qui a dit que leurs partenaires étaient d’accord ? D’ailleurs, ils ont même appris à ruser pour parvenir à leurs fins…
C’est ce que révèle l’étude de Jonathan Lelito et William Brown, biologistes américains. Leurs travaux seront publiés en août dans la revue
The American Naturalist. Il est vrai que « l’appétit sexuel » des mantes religieuses a fait leur renommée, mais on n’ignorait le point de vue de ces messieurs condamnés à mourir par amour. Voilà pourquoi les chercheurs se sont intéressés de près à leur comportement au cours de la reproduction.
La femelle a l’habitude de prendre l’avantage dans une position frontale. Facile ensuite d’attaquer son Roméo avec ses énormes pinces et de n’en faire qu’une bouchée ! Mais Roméo a heureusement bien compris le coup nous expliquent Lelito et Brown. Selon la position de sa Juliette, il estime d’abord le risque de terminer broyé par ses pièces buccales. Puis armé de courage, il s’adapte à la situation, progressant à pattes de velours et espérant secrètement que sa dernière heure n’a pas encore sonné.
Avancer lentement peut effectivement lui épargner la mort si madame est bien lunée ! « Cela montre que chez les mantes religieuses, les mâles évaluent de façon active les différents risques et modifient leur comportement pour réduire la ‘chance’ de se faire dévorer ». Comme quoi non, ils ne sont pas forcément d’accord à l’idée de se sacrifier pour une simple partie de pattes en l’air et tanpis pour Juliette si son plaisir n’est pas total… La reproduction d’accord, mais pas à n’importe quel prix !
Source :
The American Naturalist
CarolineLepage
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9/08/2006