En raison du changement climatique, il y a de plus en plus de méduses dans l’eau. Comment concilier l’utile à l’agréable dans la lutte contre la prolifération de ces « piquantes bestioles » ? Un chercheur japonais a la réponse.
Les méduses qui, chaque année, en Mer du Japon, rendent la vie impossible aux pauvres pêcheurs sont énormes. Même les filets cèdent sous leur poids ! Il faut dire que les plus beaux spécimens peuvent atteindre près de 2 m de long pour un poids de 200 kilos… Là-bas, on les appelle « Echizen kurage », ici, méduses géantes mais de leur nom latin, les venimeuses Nemopilema nomurai, heureusement pour nous, ne fréquentent pas les côtes françaises.
Au Japon en revanche, grâce à des circonstances apparemment favorables ces dernières années pour elles - surpêche (donc moins de prédateurs), présence de très nombreux récifs artificiels, réchauffement climatique - les voici de plus en plus nombreuses. Un véritable fléau… Leur présence a en effet d’importantes répercussions économiques sur la pêche dans la région, d’où l’importance pour les autorités japonaises de trouver des solutions durables pour stopper les invasions annuelles.
Parmi les propositions faites, manger les méduses… Pourquoi pas ? En Asie et plus précisément en Chine, les méduses font partie de l’art culinaire traditionnel. Un chimiste, Kiminori Ushida, de l’Institut de Recherche de Physique et de Chimie à Wako, propose lui, carrément autre chose. Il explique sa découverte dans la revue
Journal of Natural Products. Alors qu’il étudiait des protéines particulières chez cinq espèces de méduses dont la fameuse Echizen Kurage, le chercheur a réalisé que ces dernières contenaient des mucines en quantité très importante, jusqu’à 3% du poids sec de l’animal.
Il a pu facilement les extraire. Inconnues à ce jour, il a baptisé ces molécules - proches des mucines humaines - « qniumucines ». Dans notre organisme, elles jouent d’ailleurs un rôle protecteur des voies aériennes et digestives. Les mucines sont des glycoprotéines notamment employées en cosmétique pour leurs propriétés émulsifiantes. Elles sont obtenues à partir de glandes salivaires de bovins ou d’estomac de porcs. On pourrait donc à l’avenir - et si les prochains tests se montrent concluants - les extraire des méduses et pourquoi pas, suggère le chercheur, les utiliser comme gélifiants dans le secteur agro-alimentaire…
Source :
Journal of Natural Products
CarolineLepage
1981
3
23/07/2007