Ce n'est pas un travail de mémoire qu'il faut mais un travail d'oubli.
Seul l'oubli est aristocratique. Et seul l'esclave, qui vit dans le ressentiment perpétuel, n'oublie rien et ne se débarasse jamais de sa vermine.
Il est logique qu'un peuple d'esclaves s'évertue à ne rien faire oublier puisque c'est à cela qu'on le reconnaît. Sans compter le caractère inimaginable de tirer la couverture à soi comme s'ils avaient été les seuls à souffrir. Si l'homme pouvait regarder la Préhistoire et ses délicatesses, nous n'en aurions jamais fini.
Pour ceux qui savent un peu d'allemand, à relire d'urgence : Zur Genealogie der Moral, notamment I/10.
À bientôt
GillesAjout du 18-02-2008 à 13:26:
Der
Sklavenaufstand in der Moral beginnt damit, dass
das Ressentiment selbst schöpferisch wird und Werte gebiert:
das Ressentiment solcher Wesen, denen die eigentliche Reaktion, die der Tat, versagt ist, die sich nur durch eine imaginäre Rache schadlos halten. Während alle vornehme Moral aus einem triumphierenden Ja-sagen zu sich selber herauswächst, sagt die
Sklaven-Moral von vornherein Nein zu einem "Ausserhalb," zu einem "Anders," zu einem "Nicht-selbst": und dies Nein ist ihre schöpferische Tat. Diese Umkehrung des werte-setzenden Blicks—diese notwendige Richtung nach aussen statt zurück auf sich selber—gehört eben zum
Ressentiment: die
Sklaven-Moral bedarf, um zu entstehn, immer zuerst einer Gegen- und Aussenwelt, sie bedarf, physiologisch gesprochen, äusserer Reize, um überhaupt zu agieren—ihre Aktion ist von Grund aus Reaktion.