slt j'ai ce commentaire littéraire à faire mais j'ai du mal à faire mon plan. Est ce que vous pouriez m'aider?
Je ne vous parle pas du plaisir d'aller au Spectacle sans payer, car ce plaisir deviendra bientôt une fatigue ; mais vous aurez vos entrées dans les coulisses de quatre théâtres. Soyez dur et spirituel pendant un ou deux mois, vous serez accablé d'invitations, de parties avec les actrices ; vous serez courtisé par leurs amants ; vous ne dînerez chez Flicoteaux qu'aux jours où vous n'aurez pas 30 sous dans votre poche, ni pas un dîner en ville. Vous ne saviez où donner de la tête à cinq heures dans le Luxembourg, vous êtes ) la veille de devenir une des cent personnes privilégiées qui imposent des opinions à la France. Dans 3 jours, si nous réussissons, vous pouvez, avec trente bons mots imprimés à raison de trois par jours, faire maudir la vie à un homme ; vous pouvez vous créer des rentes de plaisir chez toutes les actrices de vos théâtres, vous pouvez faire tomber une bonne pièce et faire courir tout Paris à une mauvaise. Si Dauriat refuser d'imprimer Les Marguerites sans vous en rien donner, vous pouvez le faire venir, humble et soumis, chez vous, vous les acheter 2000 francs. Ayez du talent, et flanquez dans trois journaux différents trois articles qui menacent de tuer quelques-unes des spéculations de Dauriat ou un livre sur lequel il compte, vous le verrez grimpant à votre mansarde et y séjournant comme une clématite. Enfin votre roman, les libraires, qui dans ce moment vous mettraient tous à la porte plus ou moins poliement, feront queue chez vous, et le manuscrit, que le père Dogueureau vous estimerait quatre cent franc, sera surenchéri jusqu'à quatre mille francs! Voilà les bénéfices du métier de journaliste.
BALZAC , Illusions perdues, 1843 IIème partie.
(Modifié par _rock_ le 27-03-2008 à 18:26)