J'aimerais parler d'un phénomène bien plus qu'inquiétant et qui se trouve dans le cerveau de types qui ont décidé d'adopter un comportement, voir une vie, de "lascar", de "cayra", qui ne veulent pas participer à la société et s'y opposent même, en acte comme en parole. Quand je parle d'eux, je ne généralise pas.
Bien plus qu'inquiétant puisque non content de révéler le symptome d'une totale incompréhension et d'une impossible réconciliation, il fait également des victimes tous les jours, souvent traumatisées, et menace de plus en plus concrètement de mener la France à une sorte de guerre civile ou à de fortes discriminations.
Peu de gens ont idée de l'extrême violence avec laquelle une partie (qui fait beaucoup de pub) de la jeunesse est anti française. Il y a déjà ce réel état de guerre permanent avec la police (la plupart connaissent par cœur les immatriculations des voitures banalisées de leur quartier, prennent avec grande joie la nouvelle d'un décès de policier...), ce discours anti france c'est à dire la haine de son passé, de sa justice, et de ses élites assimilées à des porcs. Une espèce de fatalité de discrimination qui, du moins en parole, ôte tout espoir d'intégration et de bonheur dans la légalité.
Il y a également une forme de racisme qui n'est pas nécessairement anti blanc, mais anti "préjugé privilégié" voir "préjugé raciste" (sic). Pas de ratonnade, mais le sentiment de l'impossible compréhension de "la vie de tess", d'un tel fossé qu'il peut justifier tout acte même le plus immoral, ou du moins qui altère la communication au point de ne donner aucune valeur à la parole donnée. Et l'on pourrait rajouter la valeur personnelle que peut avoir le vol, le racket, le passage en prison, pour des mecs qui peuvent en dehors de ça être très sympa...
De l'autre coté, on a la peur, souvent irréel, mais qui ne vient pas de nulle part.
Pensons que certaines citées sont structurées autour de la vente du cannabis, que la police n'y rentre que violemment, comme irruption en territoire à reconquérir et qu'ils vont assiéger, alors que les grands ont été prévenu par les gardes (postés loin bien) avant d'entendre les sirènes...
Ces français vivent dans la contradiction. Ils disent qu'ils ne se sentent pas français mais ils doivent savoir au fond qu'ils le sont, puisque quand ils parlent sérieusement on voit que ce sont des droits (sociaux) qu'ils réclament. En attendant, ils ne se considèrent pas comme des citoyens.
Ils ne savent pas que la nature même de la loi pénale comprend la nécessité de sa violation, que dans cette mesure, le code, la règle du jeu anti flic (ou confrontation permanente avec l'autorité étatique) qui commande d'inscrire ses actes même gratuitement dans l'illégalité, ne les rend pas hors la loi puisqu'ils se déterminent en grande partie en fonction d'elle, en réaction, c'est à dire dedans. D'ailleurs on remarque vite que leurs discussions tournent encore plus souvent que les étudiant en droit autour de questions juridiques et avec son vocabulaire... Ce ne sont pas des bandits de grands chemins qui veulent vivre dans l'ignorance du droit, ni des rebelles qui portent un message de dépassement ou de maturité de la société.
Ces français se définissent en partie par la reproduction d'un comportement raciste, et par la haine de ce dernier quand l'auteur est ou serait un "nantis". Les champs de Mars, les invalides, qui ne sont que les plus spectaculaires, montrent bien qu'ils ressemblent aux anti coco (d'extrême droite) qui venaient il y a 30 ans "gâcher la fête" pour faire la fête.
Il s'agit évidemment d'une minorité, mais dont les codes (claniques) sont repris par la majorité de ceux qui vivent près d'eux, certains ne cherchent que l'esthétique, mais au final ils ressort de tout ça une forme d'admiration/justification qui peut s'étendre dans des classes sociales autres ou chez des garçons proche et pacifiques. Il doit surement y avoir un moment ou plutôt une période, ou petit à petit, les manques familiaux, financiers, les fréquentations, des disposition à la démotivation, font que l'esprit se fixe sur ce crédo, et alors il devient très difficile de parvenir à se ranger.
Ce n'est pas parce que je pense qu'ils sont entièrement responsable de leur état actuel, que je ne dis pas que des décisions politiques ont engendré des situations qui ont fourni tout ce qu'il fallait pour en arriver la, en disposant des caches misères et en attisant par le marquage de leurs différences, un ciblage politique qui veut qu'il ne soit pas des français comme les autres...
Que l'on songe à la volonté de bannir la pauvreté de paris et de clôturer cette ville, à la confusion que beaucoup de politique font entre la répression (outil nécessaire de l'ordre public qui est primordial sur tout le territoire), et la prévention (unique remède traitant des causes).
L'horreur des prisons et des procédures rouleau compresseur qui ne font que donner encore plus envie de vomir l'état français. La bétise de certain policier qui se sentent shérif sans etre élu, qui devraient être exemplaire et sont les rois du délit de faciès.
Et puis biensur nos envies de drogue toujours plus juvéniles qui ont dans les quartiers chaud un double effet, ils fument de plus en plus jeune mais puisque ce sont les moins favorisés ils se tournent plus facilement vers la vente, également de plus en plus jeune.
Voila j'ai beaucoup parlé parce que mes meilleurs amis se sont fait tabasser il y a quelque jours, que les émeutes m'avaient déjà beaucoup choquées, et que j'ai trainé longtemps et encore un peu avec des types comme ça, du faux au pire, que je sais que ce qu'il y a dans leurs cervelles c'est vraiment dingue, grave. Je me demande si vous aussi ça vous choque et comment, si vous êtes d'accord avec mes propos. J'aimerais bien qu'on parle de ce qu'il ne faut pas faire et de ce qu'il faudrait faire pour nous remettre simplement dans la bonne direction : la réconciliation de l'individu avec son semblable.