Bonjour,
Les ISRS( Inhibiteurs sélectifs de la récapture de la sérotonine )sont préconisés en cas de dépression plus ou moins jointe de troubles paniques ou troubles obsessionnels compulsifs. Je voudrais tout d'abord savoir ce que l'on entend par les termes "sélectifs" et "récapture", comment s'effectue cette dernière ? pourquoi? et les neurones impliquées dans cette "récapture" ?
Daf' (le seul p'tit suisse que je n'oserai mangé! )est le mieux placé pour te répondre; en attendant voici quelques éléments :
la sérotonine est un neurotransmetteur qui recyclé. Une fois dans l'espace synaptique, il est recapturé par les neurones serotoninergique via une enzyme (me semble-t-il).
Donc ces médicaments agissent au niveau de la recapture en l'inhibant. Donc la serotonine reste plus longtemps l'espace synaptique et est succeptible de stimuler davantage les neurones posts synaptiques.
Bon, ça tombe bien j'ai eu un cours là-dessus ce matin (stage de psychiatrie, o joie!)...
On va tenter de faire simple avec du lourd
Donc, notre très chère Ng a déblayé le principal.
La sérotonine est un neurotransmetteur. Autrement dit, lorsqu'elle rencontre un neurone équipé de récepteurs à la sérotonine, elle va modifier son état, donc en quelque sorte, ça permet de faire passer un message d'une neurone sérotoninergique (fabriquant la sérotonine) à une cellule sérotonino-sensible (je sais pas si ça de dit, mais je m'en fous, c'est moi qui raconte!)
Or, on veut que le message soit réversible, donc limité dans le temps (c'est assez peu intéressant d'avoir un signal qu'on ne peut déclencher qu'une fois dans la vie). C'est pourquoi, il faut pouvoir retirer la sérotonine de l'espace extra cellulaire après qu'elle y ait été relachée.
Ce phénomène peut se produire de deux façons. Quand quelque chose est à un endroit où on ne voudrait pas qu'elle soit, on peut soit la déplacer, soit la détruire.
Pour la détruire, c'est facile, on a en permanence des enzymes appelées MAO (rien à voir avec le gros chinois tout rouge) qui s'occupent de dégrader la sérotonine libre. C'est pourquoi dans les antidépresseurs, on a des inhibiteurs de la MAO (la famille des IMAO).
L'autre solution, c'est propre, c'est écolo, on prend la sérotonine et on la remet dans les cellules qui vont la re-libérer plus tard.
Ce mécanisme est médié par un récepteur à la sérotonine, le 5HT1A. Lorsque ce récepteur "sent" qu'il y a de la sérotonine, il va déclencher les mécanismes de recapture. Plus il y a de sérotonine, plus de 5HT1A vont être activés et donc plus la recapture sera rapide. C'est mathématique et c'est génialement dynamique.
Les ISRS vont aller chatouiller les 5HT1A tellement fort qu'ils vont être désensibilisés. Autrement dit, tu pourras leur filer autant de sérotonine que tu veux, ils ne réagiront plus ou beaucoup moins fort.
Donc, la recapture sera ralentie et au final, on aura ce qu'on recherche: plus de sérotonine libre, à l'extérieure de la cellule. Plus de sérotonine prête à agir sur d'autres neurones.
Voilà pour la recapture.
Pour ce qui est de "séléctif", c'est par opposition à une autre sorte d'antidépresseurs: les tricycliques. Ces derniers agissent sur la sérotonine, sur l'acétylcholine et sur l'histamine. D'autres neurotransmetteurs que j'ai quand même vachement moins bien étudiés...
Petite remarque du type-qui-se-la-pète parce que son cours, c'était ce matin:
Le mécanisme de désensibilisation par les ISRS prend du temps! Environs trois semaines pour que l'effet anti-dépresseur fasse son effet.
Malheureusement, l'effet qui lève la baisse de motivation et qui permet une levée des inhibitions de la volonté qui existe pendant la dépression est plus rapide. Autrement dit, on aura une fenêtre de temps pendant lequel la personne déprimée continuera a avoir ses idées noires mais sera plus à même d'entreprendre des actions. C'est donc une période à très haut risque de tentatives de suicide et les personnes qui commencent un traitement antidépresseur doivent être très encadrées pendant ce temps.
Ah, une dernière chose, les ISRS sont indiqués beaucoup plus largement. Toute dépression moyenne à sévère est susceptible d'être traitée par ISRS. Après, ce sera au psychiatre, en fonction de son expérience avec les différentes classes d'antidépresseurs et de son jugement de choisir celle qui lui semblera le plus adaptée sur le moment.
Je ne sais pas si c'était très clair... C'est dur de synthétiser quand c'est tout frais comme ça...
Merci Dafalgan !
En fait il existe plusieurs ISRS, qu'est ce qui fait la différence entre ces médicaments ? Sont-ils fonction de la sévérité de la dépression ?
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