Re Soliris,
Le "bourrin" ne vous était pas adressé. Il s'adresse aux élèves de prépa. Il ne faut pas tout prendre pour vous. Ce n'est pas un adjectif péjoratif, c'est une réalité. Le prépa est bourrin et aime à faire des calculs du même nom. Il arrive bien souvent à un résultat correct, mais il passe bien souvent à côté de méthodes plus simples dans l'absolu, mais aussi moins directe. L'avantage de la méthode "bourrin" est que si on sait calculer vite et bien, elle marche toujours.
Quant à vos questions, elles sont intéressantes. Vous vous demandez dans quel référentiel il faut se placer. Si on veut faire de la Physique "simplement", il faut essayer de se placer dans un référentiel galiléen. La meilleure approximation que nous ayons est celle du référentiel de Copernic : centre du repère au niveau du Soleil et axes qui pointent vers trois étoiles fixes. Si on ne veut pas être jusqu'au-boutiste, on peut se contenter d'un référentiel "vaisseau-centrique" : origine au niveau du vaisseau et les trois axes qui pointent vers trois étoiles fixes. Pour des échelles de temps petites par rapport à la durée de révolution du vaisseau autour de sa planète (ou autour du Soleil), on peut considérer que le référentiel vaisseau-centrique est presque galiléen.
Dans ce référentiel, vos questions 2 et 3 auront une réponse très simple : OUI et OUI.
Par contre, cela ne contredit pas le fait que la gravitation est localement équivalente à une accélération, car dans les deux cas, l'accélération du bonhomme se déplaçant sur la surface interne de la coque ne sera pas la même. Le fait que la force qui le plaque sur la coque ne soit pas la même est donc tout à fait normal.
Ce fait serait problématique si on réalisait réellement un "vaisseau monde" de ce type, car il faudrait le faire tourner très très vite pour minimiser ce problème, mais ce faisant on en créerait un autre de problème : on augmenterait les effets dûs à la force de Coriolis. Par exemple il serait très difficile de jouer à la balle ou au tennis dans ces conditions (ça reviendrait à jouer au tennis sur un manège en rotation). C'est pour cela, entre autres choses, que ce genre de projets restera cantonné à la SF. Une autre solution, mais qui couterait encore plus cher, serait de faire un vaisseau non pas creux, mais plein, et énoooooooorme, et surtout très massif. S'il est très lourd, la force gravitationnelle permettra aux astronautes de tenir sur sa surface. S'il est suffisamment lourd, la gravitation permettra même à une atmosphère de rester accrochée à la coque. Et voilà ! (En plus on sait que cette méthode marche)
@+
P.S.: je comprends aisément que le théorème de Gauss ressemble à des hiéroglyphes pour un non initié. Mais le fait est qu'on ne peut pas faire de la Physique sans l'outil mathématique. L'outil mathématique est le seul moyen que nous ayons trouver pour faire du quantitatif, or pas de Physique sans quantitatif, sans mesures. Par contre, en y allant progressivement, il est possible d'acquérir les rudiments mathématiques permettant de faire de la Physique (dite) classique. Et le jeu en vaut la chandelle (ouah, l'aut' il prêche pour sa paroisse !) : avoir accès à la connaissance contenue dans ces "hiéroglyphes" !
Ajout du 18-11-2008 à 18:04:
Je suis allé un peu vite sur la notion de référentiel galiléen, mais je vous invite à donner un coup d'oeil
sur ce fil (ouah, l'aut', il fait d'la pub pour son fil !), où la notion est discutée plus longuement. Vous pourrez aussi donner un coup d'oeil sur
l'excellent site de Newtoon qui traite aussi de la force centrifuge (il y a aussi un article sur Coriolis), ce qui permet de mieux se représenter les forces d'inertie, ces "forces qui n'en sont pas".