C'est vrai que c'est flou mais il ne peut pas en être autrement.
En effet la toxicité varie sur deux axes : le niveau (faible, fort), et le spectre (ce que ça attaque concrètement). Et sur l'axe du niveau les valeurs sont continues. Cela fait qu'il existe une quasi infinité de toxicités (comme les races) et qu'il est impossible (comme pour les races), de définir des limites entre des groupes.
Un troisième facteur est la durabilité de la pollution.
L'expression "dangereux pour l'environnement" ne veut rien dire en soi. C'est quoi l'environnement, sinon trois choses : la vie, l'air, l'eau ? Et l'air et l'eau n'ont d'importance que pour la vie, donc finalement l'environnement c'est le vivant. Ce produit est dangereux pour le vivant, ça signifie que sa toxicité dépasse les seuls pucerons. Il fallait s'y attendre.
Les pesticides ne sont pas testés pour toutes les espèces vivantes, ça prendrait trop de temps, alors l'expression est un simple avertissement légal, ne contenant pas d'information. Ce n'est pas à cela qu'il faut s'arrêter.
"Alors comment instaurer une limite entre ce qui est naturel et ce qui ne l'est pas"
L'un des critères est l'opposition extraction/synthèse. Si l'on extrait un produit d'un animal ou d'un végétal, c'est "naturel" ; on néglige les procédés d'extraction ici. Ce serait donc bio. Si l'on assemble des atomes et des molécules dans des tubes à essais, c'est synthétique.
Une autre discrimination si l'on considères les produits qu'on trouve dans la nature et qu'on peut synthétiser, et ceux qu'on n'y trouve pas.
Pour la toxicité, je rappelle que la dose létale pour l'homme d'un certain produit est de trois cents grammes, et ce produit est le sel de cuisine.
Ton purin d'ortie va créer une réelle pollution, mais on ne connaît pas d'autre mot pour décrire un déséquilibre chimique de l'environnement. Le fait que ce soit naturel n'y change rien : c'est bien de la pollution.
C'est moins grave que la dioxine, parce que c'est moins toxique, et moins durable.
Le zéro pollution n'existe pas et il ne faut pas attendre de miracle d'un pesticide : tuer uniquement les pucerons sans aucun dégât collatéral. Il faut juste jouer sur l'intensité et la durabilité de ces dégâts, et faire le choix du moindre mal.
L
Pour les adeptes écolo du savoir de marseille, je rappelle que tout savon contient de la soude. Miam miam.
(Modifié par Ludwig le 29-06-2009 à 15:51)