Bonjour !
pour finir comment imaginer que l'église ait pu faire coïncider les fêtes de la nativité avec celles païennes du solstice d'hiver
Quand les chrétiens ont installé leur totalitarisme, ils ont confisqué tous les lieux de cultes et annexé toutes les fêtes existantes, dont celle du solstice d’hiver.
Suivent deux extraits de mon bouquin sur la date de naissance de Jésus :
- - - - -
« À partir du IIe siècle, le besoin s’est fait sentir de déterminer une date pour célébrer la naissance de Jésus. Seule l’ignorance permet encore de croire qu’elle correspond à un anniversaire. D’abord différente selon les communautés, la fête de la Nativité a été fixée dans le courant du IVe siècle ; les communautés d’Orient choisirent le 6 janvier, celles d’Occident, réservant cette date aux Mages, choisirent le 25 décembre.
Ces choix sont tout à fait fantaisistes si on se réfère à Luc 2, 8 où il est question « de bergers qui vivaient aux champs et montaient la garde pendant la nuit auprès de leur troupeau » ; ce qui ne peut correspondre à des dates hivernales. Toutefois ces choix sont loin d’être arbitraires puisqu’ils annexent des célébrations antérieures. Au 6 janvier se fêtait l’epiphaneia (apparition) de Dionysos dans l’île d’Andros. Le 25 décembre marquait le solstice d’hiver, moment où les jours rallongent, où le soleil renaît. Cette date avait le double avantage d’accentuer la solarisation du Messie dont la résurrection était déjà placée au « jour du soleil », et de détourner à son profit une coutume indéracinable, liée à un cycle cosmique, confisquant ainsi les fêtes liées à des mythes solaires. À cette date en effet se plaçaient la naissance d’Horus, celle de Mithra et celle du Soleil Invaincu. Les Saturnales romaines, festivités accompagnées de cadeaux, s’achevaient la veille du 25 décembre.
“ La liturgie latine a fixé la date de naissance au 25 décembre, au solstice d’hiver ; l’annonciation de Marie le 25 mars, neuf mois auparavant ; et la naissance de Jean-Baptiste le 24 juin au solstice d’été. Tout ceci n’a aucune valeur historique. ” J. Potin, Jésus l’histoire vraie, p. 103, éd. Centurion, 1994.
Au milieu du Ve siècle, le pape Léon se plaignait de ceux qui le jour de Noël adoraient encore le Soleil et non le Christ. Aujourd’hui il se trouve des chrétiens qui râlent de voir « paganisée » la fête du 25 décembre, comme s’il s’agissait d’une création de leur religion !
À un âge nouveau devait correspondre une nouvelle façon de calculer le temps. Dès le IIe siècle certaines communautés orientales, comme celles d’Antioche ou d’Alexandrie, faisaient commencer le compte des années à partir de la naissance de Jésus et non à partir de la fondation de Rome. Au VIe siècle, le moine Denys-le-Petit, après calcul, a introduit cet usage en Italie avec comme point de départ le 25 décembre de l’an 753 de Rome qui deviendra la fête de Noël.
————————
Il faut signaler une tricherie sur l’étymologie du mot français « Noël ». Pour imposer le lien avec LA naissance, on affirme qu’il vient du latin natalem ; ce qui suppose une altération de l’a en o, une disparition du t, avec en plus une transformation de la finale alis en el. Il vient plus directement de novellum, diminutif de novum, nouveau. Cette étymologie est confirmée par un dicton du XIVe siècle conservé dans le Livre du bon Jehan (1361) : « Tant crie(-t-on) l’an noël qu’il vient ! ». Le mot correspond à une fête liée au solstice d’hiver, à l’entrée dans une année nouvelle. En France, avant 1567, la nouvelle année débutait à Noël.
Au revoir !
[ Ce message a été modifié par : : Michel65 le 24-12-2007 11:46 ]