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Comment Matrix peut être un support de réflexion :

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Le 18-02-2007 à 02:21 #

salut! la trilogie ne tient que dans l'apocalypse de st jean!
il y a l'armaggedon naissant et le sauveur(christ)
un elu vient au monde en ayant l'intuition de son chemin de vie et c'est lui qui fait
le choix de cette vie meme s'il en ai pas conscient!
il a donc son propre libre arbitre et ne fait que suivre ce qui est prévue et voulue
par lui!le medium ne fait que"réveillé" son horloge prédestinée.
il né avec la capacité de pouvoir le faire et les autres sont la pour lui!
cette vision de la fin des temps reflète ,du reste,bien notre epoque et de ce que
toutes les propheties suggèrent depuis longtemps a savoir le retour du christ
et de son combat avec son "contraire"qui est en fait l'image de toute l'humanité.
le malin prends formes en chaqu'un des hommes et est representé par Mr smith!
l'amour et la lumiere prends le dessus sur l'ombre et la haine pour que naisse
le renouveau(nouveau cycle) personnellement,je prefere tolkien avec son
seigneur des anneaux!c'est la meme chose mais en mieux!

Le 22-02-2007 à 00:01 #

"la trilogie ne tient que dans l'apocalypse de st jean!"

Dans la forme globale, il y a des références bibliques, c'est certains. Mais il n'y a pas que ça, loin de là.

"un elu vient au monde en ayant l'intuition de son chemin de vie et c'est lui qui fait le choix de cette vie"

Pas tout à fait, ici Neo ne choisit pas son chemin, l'oracle le lui rappelle d'ailleurs quand elle dit qu'il n'est pas ici pour faire un choix, mais pour comprendre pourquoi il l'a fait.

En réalité, c'est l'architecte et l'oracle qui ont fait ce choix à sa place. Plus l'oracle que l'architecte d'ailleurs. Mais Neo est un sauveur dans la forme et non dans le fond. Chez les machines (quand Néo développe ses facultés d'élu) ce n'est pour l'architecte que l'apparition d'une nouvelle erreur systémique.

Donc pour le coup, au départ, Neo n'a aucun libre arbitre, il s'en rend compte dans Reloaded et le déplore dans Revolutions.

"Le choix, le problème c'est le choix"

Son seul choix (qui est facilité par la mort de Trinity vers la toute fin) sera de réellement se sacrifier en se laissant 'contaminer' par l'agent Smith et c'est ici, qu'enfin, il est en paix avec lui-même en répondant à Smith:

"Smith : Pourquoi ? Pourquoi vous relever ? Pourquoi vous battre ? [...] Pourquoi persister ?
Neo : Parce que j'en ai fait le choix. "

Neo est lucide en le disant à Morpheus, l’élu n'est qu'un autre système de contrôle. Neo, du départ, ne fait pas le choix de son statut de Héro sauveur de l'humanité.

Crois-tu au retour du Christ, Magellan?

Si c'est le cas, alors essaie d'avoir une vision plus large du concept. Parce que comme cela, c'est bien trop allégorique et stéréotypé.

"son combat avec son "contraire" qui est en fait l'image de toute l'humanité."

Mouais... C'est pas son contraire que j'aurai mis entre guillemets.

Si le but du sauveur est de se battre contre l'humanité, je vois mal comment celle-ci peut en ressortir grandie. Le combat du Christ se devrait d'être moral, ici c'est loin d'être uniquement le cas. On se souvient tous du Jésus du temple. Là effectivement il combat l'Homme (et c'est d'ailleurs regrettable car Hitler s'en est servit pour créditer son combat).

Et pour finir, je ne ferai pas de préférence ou de comparaison entre deux trilogies qui ne sont pas comparables.


PS : Je regrete que ce fil n'ai pas plus d'énergie :(

[ Ce message a été modifié par : : zOUnOUrs le 22-02-2007 00:02 ]

Le  2-06-2007 à 12:21 #

"Oracle : Tout ce qui a un début, a une fin"

En sortant de Revolutions, je me suis senti réconforté car c’était une très jolie fin. C’était une fin dans laquelle la notion du bon et du bienveillant est atteinte et disséminée à travers le monde. C’est un message d’espoir. Il y a l’idée de ne pas détruire l’ennemi extérieurement, de ne pas détruire Smith de l’extérieur, mais d’entrer dans Smith et de lui apporter la lumière, la lumière de la révélation pour voir, à travers les illusions, dans cette obscurité qui, dès lors, se désintègre.

La révélation de la vraie nature de la réalité est la solution en elle-même. Ce que Néo voit a quelque chose à voir avec le programme. Cela façonne le tissu même de l’univers. Ce que Néo apprend est réel : les rêves, la compréhension, la prophétie. Je ne dis pas que c’est la divinité, mais il apprend qu’elles sont réelles, ce qu’il n’avait pas compris dans les 2 premiers films.

"Oracle : S’il y a une réponse, il n’y a qu’un seul endroit où la trouver.
Néo : Où ?
Oracle : Tu sais où. Mais si tu ne trouves pas la réponse, je crains que nous ne connaissions pas de lendemain."

Dans le 3eme film, on a le sentiment qu’il devient de plus en plus lui-même. Il définit son identité jusqu’au point de se sacrifier complètement. Cela évoque bien sûr, d’une certaine façon, le Livre des révélations. Les thèmes apocalyptiques sont en parfaite cohérence.
"Au début, Dieu crée, et à la fin, le monde est détruit, mais il y a un nouveau commencement. Un nouveau paradis et une nouvelle terre, à la fin, sont réalisés dans Matrix"

"Oracle, regardant l’arc-en-ciel à la fin de Révolution : C’est toi qui a fait ça Sati ?"

Dans l’hindouisme, Sati est la première femme de Shiva. On lui manque de respect, Shiva est insulté par le père de Sati et elle décide donc de s’immoler. Shiva est rongé par la peine et porte son corps sur son épaule à travers tout l’univers. Vishnu, en signe de compassion, prend Sati, la coupe en un million de morceaux et son corps retombe sur la terre sacrée, sur l’Inde. Sur chaque point que touche son corps, un lieu de pèlerinage est né.

Nous avons ici, dans la Matrice, un personnage à travers lequel la Matrice est sacralisée. En fait on la voit comme un programme qui peut programmer la Matrice, créer un coucher de soleil et un arc-en-ciel. Ces choses sont typiquement associées à la divinité dans maintes religions.
Néo se réveille dans une gare qui a pour nom Mobil Ab. Mobil, anagramme de Limbo, les limbes. Les limbes étant l'endroit où les Justes attendaient la venue du Christ, on peut en déduire que les individus que rencontre Néo sont des programmes au rôle important.
"Neo : Vous croyez au karma ?
Rama-Kandra (père de Sati) : Karma n’est qu’un mot, comme Amour. Une manière de dire : ce que je dois accomplir."

Aparté : Rama, est le nom de la 7ème incarnation du Dieu Vishnu. Le 7, un chiffre biblique qui fait indirectement de Sati la 7ème Elu.

Néo pilote le Logos dans la cité des machines. Logos signifie Parole, donc il amène la bonne parole dans la cité des machines. Le fait que Rama dise de façon très délibérée que karma et amour ne sont que des mots, c’est symboliquement ce que Néo amène au monde des machines. Peut-être qu’il leur amène l’amour pour qu’elles puissent devenir humaines, quoi que cela puisse vouloir dire. Il leur amène également la notion de karma ou de devoir qui pourrait impliquer une compréhension de l’interconnexion et des relations entre les choses

Nous avons l’image de Trinity et de Néo s’élevant au-dessus de ce monde vers un monde de lumières qui peut être le paradis ou le plérome du gnosticisme. OU bien le Nirvana, le Moksha ou encore l’éternel et innomable Tao ou encore la forme platonicienne du bien. Ce n’est pas nommé car c’est indicible, c’est pourquoi toutes les traditions disent que c’est inévitable, car on ne peut pas le nommer, mais on peut le percevoir, le ressentir. Cette scène où ils sortent du monde de Zion, du monde des machines, c’est le signe qu’il y a un autre niveau.

Le meilleur moyen de voir le Taoïsme est dans Revolutions, plus particulièrement dans les boucles d’oreilles Yin-Yang que porte l’Oracle durant tout le film. L’Oracle elle-même semble voir l’Architecte comme son contraire. Elle déséquilibre les équations, il les équilibre. Elle est noire, il est blanc. Elle est intuition, il est rationalité et ordre. Elle crée le chaos, il crée la linéarité et ils semblent s’équilibrer l’un l’autre.

Mais il y a un autre Yin-Yang important dans Revolutions, c’est bien sûr Néo et Smith. L’Oracle explique à Néo que Smith est son contraire. J’adore la scène où Néo et Smith se battent sous la pluie, pour moi cela ressemble à un immense symbole du Yin et Yang. Bien sûr, la Matrice elle-même est réinitialisée et ce cycle même, un début et une fin, l’anomalie qui est révélée au début et à la fin, est au cœur du Taoïsme. Le Tao Te Ching dit : Cela naît et le Tao laisse faire. Cela meurt et le Tao laisse faire.

Il faut mourir pour ressusciter l’esprit, c’est un thème très commun, pas seulement de la tradition chrétienne, dans le bouddhisme on meurt pour quitter son égo afin de se réveiller en harmonie avec le tout. Trinity doit donc mourir parce que Néo va mourir lui aussi. Il devra aussi connaître la même mort dans la Matrice. Ce qui est intéressant dans cette scène, c’est que c’est un point d’intersection entre la philosophie Nietzschéenne du surhomme et l’idée de dissoudre l’égo personnel et d’atteindre l’immortalité, l’union avec le Brahman, l’union avec le monde.

Néo se permet de disparaître, mais une partie de lui est intégrée aux autres êtres, aux autres Smith et resplendit à travers leurs yeux. La création première de la Cabala juive, du mysticisme juif, explique qu’au commencement, Dieu crée une lumière, une lumière céleste, divine, ce n’est pas le soleil, qui est contenue dans des vaisseaux. Dans le Sheviret ou le chaos, la lumière ne peut être contenue et les morceaux se répandent partout. Et cette lumière est libérée dans l’univers en étincelles.

C’est le problème fondamental du mysticisme juif : ces étincelles doivent être reconstituées et être ramenées à la divinité. Quand cela arrive, la Matrice elle-même disparaît parce qu’elle n’est plus aliénée. Les machines étaient d’horribles monstres agressifs seulement quand les Hommes s’étaient aliénés de l’esprit. C’est ainsi que l’esprit apparaît quand on le rejette. Il apparaît par les attaques de Smith dans la Matrice, et les machines qui attaquent Zion. Quand l’esprit est regagné, ils reviennent tout deux à leurs expressions naturelles de vie et de paix et c’est comme ça que finit la trilogie.

Epilogue

La philosophie éternelle est un terme qu’Aldous Huxley a utilisé pour décrire une philosophie qui remonte aux premiers ouvrages connus de philosophie, 800 ans avant JC. Elle continue à revenir à différentes époques. Matrix serait une sorte de philosophie perpétuelle de la S.F.

"Conseiller Hamann : Quand je pense à ceux qui sont reliés à la Matrice et que je regarde ces machines (de recyclage de Zion) je me dis que, d’une certaines manière, nous sommes reliés à elles."

Matrix est le film parfait pour construire un cours, car la philosophie moderne commence avec Descartes, qui pense que nous sommes des cerveaux dans des cuves.

"Smith : Des milliers de gens vivent leur petites vies, sans même y penser"

"Le Mérovingien : La nature de l’univers nous tient. C’est elle qui vous a de nouveau menés à moi. Là où certains voient une coïncidence, je vois une conséquence. Là où d’autres voient un hasard, je vois un prix."

Tout est information, c’est le niveau ultime de réalité. C’est la métaphysique dans Matrix. L’ensemble de la trilogie est incroyablement subtil et complexe, si vous regardez les trois films, c’est un travail artistique cohérent. C’est l’un des rares films qui essaie de faire cette déclaration péremptoire à propos des grandes dimensions de l’existence humaine abordées par les plus grandes traditions depuis 3000 ans. L’ensemble souligne tout ce concept général du corps et de l’esprit et ce qui doit arriver lorsqu’ils sont séparés. Séparés à cause de la vanité et de la corruption des humains et ils peuvent être réunis lorsque quelqu’un (soit l’individu, soit un sauveur qui aide les autres) se reconnecte avec l’esprit, ce qui réaligne toutes ces dimensions et qui rend l’être humain complet et intégré. C’est ça, l’histoire.

Je ne connais pas de film qui essaie d’avoir une vision aussi large, c’est pourquoi je pense qu’il faut applaudir cette formidable ambition. Le simple fait qu’ils aient voulu essayer de faire ça est pour moi stupéfiant. Cela suffit à le mettre dans une catégorie à part. Je crois que c’est pour ça que c’est si bon.

Le  3-06-2007 à 21:22 #

Très intéressante analyse. Brillante, même.

En voici une autre en confrontation.

La conclusion de la trilogie est en fait terriblement désespérée. D'abord, elle s'opère DANS la matrice. Quelle que soit la beauté du spectacle, cela reste un spectacle, une vision imposée à une humanité asservie, privée de la conscience du réel. Pire, c'est un spectacle composé avec la complicité de celui qui avait pour mission (le croyait-il) de libérer l'humanité. En fait, il n'y a pas de libération, seulement un nouveau cycle.

Peut être ai-je mal compris, mais il apparait que la victoire de Neo n'est qu'une fiction. Il a joué son rôle qui permet périodiquement à la machine d'équilibrer ses forces, entre celles qui la poussent à l'expansion incontrôlée (menace "intérieure" qui semble encore plus destructrice que la libération des hommes, laquelle est finalement hypothétique) et gestion "écologique" des ressources.

Terriblement désespérée, car la condition du maintien de cet équilibre, c'est de laisser une part infime de libre arbitre, une part dérisoire d'accès à la réalité. Dans ce jeu, la fraction d'humanité consciente remet son sort entre les mains d'un "élu", lequel s'avère être un instrument dans la stratégie de survie de la machine. Lui seul évolue dans une quête dont la révélation est sa propre complicité avec la machine.

On assiste alors à un retournement spectaculaire. Alors que l'agent Smith est conçu au départ comme un leucocyte chargé de détruire les cellules cancéreuses dans l'organisme virtuel de la Matrice, il s'avère rapidement que l'analogie "organique" étant un leurre, il est en réalité une forme de virus informatique à réplication massive. Le principe est simple, le remède est pire que le mal pour la machine. Elle le sait, et gère en conséquence la rebellion humaine dans le niveau de la réalité comme dans celui du rêve collectif de l'humanité. Pour ce faire, elle introduit une prophétie et un agent chargé de rétablir les équilibres fondamentaux.

Le point intéressant, qui s'éloigne considérablement de la mythologie monothéiste, c'est la pluralité des entités pensantes qui concourent au fonctionnement de la Matrice, chacune oeuvrant dans une relative indépendance.
Il y a là peut-être une contradiction mal assumée, et donc rapidement survolée dans la thématique du film, entre entités-machines pensantes distinctes et l'idée de prophétie, où tout ce qui arrive était déjà écrit (une référence sans ambigüité à l'évangile selon St Jean et à l'apocalypse).

Le thèmes des entités-machines pensantes a largement été développé par la littérature, la plus récente (et brillante) incarnation étant le Cycle d'Hypérion/Endymion de Dan Simmons. En ce sens, Matrix représente l'incarnation cinématographique de thèmes récurrents dans la littérature de Science-Fiction. On pourrait multiplier les exemples, mais les références à Huxley ou à Orwell ne me paraissent pas des plus pertinentes. Peut-être faudrait-il chercher plutôt du côté de Clifford D. Simak, pour les rapports entre l'homme et la machine, en particulier la machine libérant l'esprit du corps (au risque de se perdre corps et bien). Les mondes illusoires, parallèles, autres thèmes chers à Philip K. Dick et tant d'autres.

Assez curieusement, Cronenberg aborde le même sujet au cinéma, au même moment, avec "eXistenZ". D'une certaine façon, dans la chronologie thématique, ce film précède Matrix. On y aborde en quelque sorte les débuts de la Matrice. Ici, le rapport à la machine est encore sexuel, ludique. L'humanité copule avec la machine, conçue comme un objet de plaisir (tout au moins le croyons nous). Dans Matrix, l'humanité est victime d'une inversion (perversion ?) glaçante : Nous sommes des foetus végétatifs dont se nourrit la mère...

On pense bien sûr aux drogues hallucinogènes, à la folie, aux limites de notre perception du réel et à l'horreur des élevages d'animaux en batterie. En quelque sorte, ce que nous suggère Matrix, c'est que nous avons trouvé LE super-prédateur qui nous ramène au rang de l'animal d'élevage destiné à l'abattoir.

Or, pour que l'animal-humain soit docile, il faut étouffer le développement de son intelligence, lui fournir une illusion de vie qui supplante le réel. Ultime tromperie, faire croire aux éléments réfractaire qu'il existe un espoir. Il n'y en a aucun, la machine a bâti son fonctionnement en intégrant leur existence. Leur lutte fait partie de l'équilibre nécessaire au fonctionnement de la machine.

Au fond, cette conclusion est d'une cruelle pertinence. Si l'on se réfère à l'évangile, Jésus, le fils de Dieu, l'élu, meurt sur la croix pour "libérer" l'humanité. Mais la libérer de quoi ? Du poids de ses péchés. C'est à dire de rien. Nous sommes toujours sur Terre, face aux mêmes problèmes, et le sacrifice de l'élu n'est qu'une promesse pour les vivants de disposer d'un hypothétique passe-port au moment d'aller "outre-tombe".

De la même façon, Neo ne libère personne. Il sauve la machine de la destruction qui la menace (et accessoirement la fraction "libre" d'humanité), en restaurant les équilibres.

Bref, la liberté est un mythe.


Le  4-06-2007 à 19:14 #

Excellent apport :) Merci !

Peut être ai-je mal compris, mais il apparait que la victoire de Neo n'est qu'une fiction.

Bien entendu. Autant dans les premières versions de la matrice Néo n'est qu'un pion. Autant dans cette version, même avec les différences, l'Oracle finit par reprendre un certain contrôle.

On le comprend quand l'Architecte lui dit : Tu as joué à un jeu dangereux.
Et elle qui lui répond : j'avais la foi.

Au final il a effectivement joué le rôle qui lui était destiné. Il est retourné à la source, d'une certaine manière et a disseminé son "code" dans la matrice en se connectant à partir du "Deus Ex Machina" comme ils le nomment eux-même dans le script (ce qui n'est pas anodin ;) ).

Ta réponse m'a fait penser à une chose :

Smith dit à Morpheus dans le premier volet que la race humaine est une maladie, un cancert.

Mais d'une certaine manière Smith en se "libérant" devient lui aussi un virus, qui agit exactement comme tel. Il prend possession des "cellules" de la Matrice en les infectant.

Ce qui est certain c'est qu'à la fin de Revolutions, l'histoire n'est pas finie.

La matrice est reloaded, l'Oracle s'assure que l'Architecte libère certains humains comme prévut et Sati demande à l'Oracle si Néo reviendra, ce qui semble certain quand on regarde l'histoire en globalité. L'Oracle n'a peut-être finalement pas tant un rôle d'amie pour les humains, son but était d'équilibrer la Matrice, elle l'a fait et ne peut être que satisfaite du résultat.

Smith aurait put détruire le système et provoquer une situation très compliquée pour les machines et Zion aurait été totalement détruite, ce qui aurait rendu l'équilibre des machines-humains obsolète.

Si la Machine, dans certaines oeuvres, peut libérer l'Homme, ici on se rend compte que l'Homme peut libérer (ou sauver) la Machine.

Dans les références, citons bien entendu : Neuromancien (Neuromancer en anglais) de William Gibson, publié en... 1984 ;)


EDIT : je n'ai pas beaucoup de réponses sur ce fil, ce qui est dommage, mais rien que le tien Adria, me fait extrêmement plaisir.

Rajout après relecture : L'élu et la croyance en ce sauveur est finalement une réelle allucination collective, voulue et contrôlée par ceux qui ont le "vrai" pouvoir, mais cet espoir, finalement, est ce qui fait d'un être intelligent humain; un humain qui n'a plus aucun espoir, se suicide.

[ Ce message a été modifié par : : zOUnOUrs le 04-06-2007 19:20 ]

Le  6-06-2007 à 01:49 #

Bonjour zOUnOUrs !

J'ai eu le courage de lire l'ensemble de tes postes et je suis véritablement impressionné par la qualité de tes interprétations et des nombreuses références mythologiques, scientifiques et religieuses que tu as abordés !

Pour reprendre et compléter ce que tu as écris, on peut dire que Matrix est une trilogie très innovatrice offrant à la fois un spectacle visuel très impressionnant (utilisation du bullet time, effets spéciaux de grande qualités, actions et combats très dynamiques) et une leçon de philosophie de haut niveau, permettant d'éveiller la logique et la culture du spectateur (remise en question sur le propre de l'homme, sur l'avenir de l'humanité, sur le libre arbitre, sur les notions de rêves, d'illusions, de réalités, d'espérances etc...).

Mais c'est surtout un film d'une incroyable complexité, offrant une large ouverture sur de nombreux concepts idéologiques : monothéisme, hindouisme, bouddhisme, christianisme, messianisme, marxisme.
A cela s'ajoute les diverses références implicites comme celle de la caverne de Platon ou d'Alice au pays des merveilles, ainsi qu'aux idées de Baudriard, Descartes, Freud, Platon voir même A.Huxley.
De grands domaines scientifiques y sont évoqués comme le déterminisme et la causalité, les mathématiques, l'informatique et la physique, dont l'information élémentaire serait le support ultime.

Il y a donc une sorte de dualité entre science et religion tout comme il y a une dualité entre l'Oracle et l'Architecte. Cette dualité est clairement distingué pour Néo et Mr Smith dont j'apprécie particulièrement l'allégorie du ying et du yang.

Mais Matrix est un film interprétable de différentes manières et à différents niveaux. Il est d'ailleurs possible de l'analyser sans références culturelles extérieurs comme le fait très bien cet auteur ici.

Il est également possible de relever la cohérence de détails en apparence insignifiant, comme l'écran présent dans la salle d'interrogatoire du premier épisode, écran se révélant identique à ceux de la salle de l'architecte.
Ou encore la rue dans laquelle se déroule le combat final, qui est étrangement similaire à celle du premier épisode, sous la pluie.
Ces petits signes détectables après plusieurs observations peuvent être considérés comme de simples coïncidences mais soulèvent tout de même le doute chez le téléspectateur.

Je peux donc dire que Matrix, aujourd'hui film culte, est un recueil d'interrogations sur l'humanité qui prète probablement plus à la réflexion que n'importe quel autre film existant. C'est d'ailleurs ce film que j'ai revisionné le plus de fois et sur lequel j'ai le plus utilisé ma matière grise.
Après, bien entendu, chacun est libre d'avoir son opinion sur cette trilogie et de ne pas y réfléchir autant, mais je pense sincèrement que zOUnOUrs a su aller au bout des choses en développant d'une façon remarquable ses raisonnements et surtout, qu'il à su retransmettre (pour les personnes suffisamment motivés pour tout lire) de façon claire et précise (nombreuses citations) sa vision du film et de tout ce qu'il dissimule.

Je félicite donc ce gros travail d'interprétation que je respecte totalement et j'encourage quiconque souhaiterais en faire autant.

Merci à toi zOUnOUrs

Le  6-06-2007 à 14:23 #

Bonjour
Avez vous vu 2001 , The Great Old One ?
JR

Le  7-06-2007 à 22:43 #

N'est-ce pas formidable si la "génération Matrix" redécouvre nos flamboyantes discussions autour d'un grand film ?

Le  7-06-2007 à 23:32 #

Heum... Tu veux parler de 2001 l'odyssée de l'espace ?

Si c'est le cas, oui, je l'ai vue. Quelques lenteurs mais c'était à une époque où je n'avais pas encore de critique. Il faudrait que je le retrouve.
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