Kweeky a écrit :
"On peut prendre le problème à l'envers : si les constantes fondamentales n'étaient pas ce qu'elles sont, il n'y aurait dans l'Univers aucune créature dotée de raison et capable de se poser cette question.
Peut-être que les constantes n'ont pas été ajustées dans le but que la vie apparaissent. Peut-être que la vie est apparu parce que les constantes étaient ce qu'elles sont"
JUSTEMENT j'ai une idée pour tester laquelle de ces deux hypothèses est la bonne!!
Voici mon raisonnement concernant une nouvelle forme de principe anthropique. je serai TRES interessé d'avoir votre avis la dessus.
Mais avant je veux REMERCIER Coltrane pour l'article de Weinberg (tres utile pour moi d'avoir des contre arguments) et lui dire que JAMAIS, absolument jamais je n'ai écrit que la science imposait l'existence d'un grand horloger. J'ai dit que c'était la meilleure hypothése actuellement. c'est tout.
Voici mon idée:
"Le principe anthropique super fort : « L’Univers n’est pas seulement adapté à l’existence d’observateurs intelligents comme nous mais également à l’existence d’observateurs beaucoup plus avancés et intelligents que nous ».
L’idée de base est simple : si Dieu existe et qu’il a conçu un univers réglé de telle façon que nous puissions y apparaître, il a aussi conçu un univers qui soit adapté à ce que nous pourrions être dans un milliard d’années ! Or dans un milliard d’années, nous pourrions envisager de faire des choses incroyables si l’on en croit certains spécialistes qui sont de grands scientifiques et non des auteurs de science fiction : « touiller » les étoiles pour y relancer les réactions thermonucléaire, mettre en pièce des planètes pour construire des bulles autour des étoiles, transformer en étoile des planètes comme Jupiter etc…
Quand un enfant grandi et quitte son berceau, il est nécessaire que ses parents mettent des serrures aux fenêtres et des caches sur les prises électriques pour empêcher que des catastrophes se produisent. Supposons qu’il soit possible à une civilisation très avancée de déchirer le tissu de l’espace-temps, et que l’on voit, comme dans l’un des récits d’Arthur C. Clarke , toutes les étoiles s’éteindre une à une… Si cela était possible peut-on penser que Dieu n’aurait pas conçu une « sécurité » de même que certains parents sont obligés de mettre un grillage aux fenêtres de la chambre de leurs enfants quand ils sont trop turbulents ? A part la possibilité d’une destruction totale de l’univers, y-a-t-il autre chose que Dieu soit susceptible d’interdire ?
Le voyage dans le temps constitue un bon candidat à une telle intervention divine. Tout le monde connaît le paradoxe, traité par de nombreux films de science fiction. Si vous voyagez dans le passé et que par inadvertance, vous provoquez la mort de votre père, avant votre naissance, vous n’avez pas pu naitre, donc vous n’avez pas pu voyager dans le passé et tuer votre père.
Les auteurs s’en tirent parfois en faisant appel à la fameuse théorie des univers parallèles (décidément bien utile !) : l’univers dans lequel vous tuez votre père n’est pas le même que celui où vous êtes né !
Mais sinon, il paraît bien difficile de conserver la cohérence de l’univers ! Or, s’il y a bien un sentiment que la plupart des grands scientifiques partagent, c’est l’idée que l’univers n’est pas un chaos mais possède une cohérence interne sans laquelle l’activité scientifique serait impossible. C’est pourquoi, il me paraît logique de postuler que Dieu a pris ses précautions pour préserver la cohérence de l’Univers… donc pour interdire le voyage dans le temps.
Pour voyager dans le temps, il faut aller plus vite que la vitesse de la lumière. Or, nous avons vu à quatre reprises qu’il y a « quelque chose » dans l’univers qui voyage plus vite que la lumière : dans l’expérience EPR sur les particules corrélées, dans la téléportation quantique, dans l’effet tunnel super lumineux et dans les trous de vers (pour ce dernier point voir chapitre suivant). Et à chaque fois, nous avons vu que la nature se réservait ce mécanisme pour son « usage interne » exclusivement. C’est-à-dire qu’à priori, des observateurs situés dans notre monde, aussi avancés soient ils ne pourront jamais s’en servir pour voyager dans le temps exactement comme ils ne pourront jamais connaître la position et la vitesse d’une particule en même temps.
Le plus intéressant dans ce domaine c’est de voir comment Kip Thorne, chaque fois qu’il a été tout proche de démontrer que le voyage dans le temps via un trou de ver était théoriquement possible, a vu le trou de ver lui « exploser » entre les mains. La description qu’il donne de cette quête donne vraiment l’impression qu’il se heurte à un mur infranchissable.
Bien sûr, il n’est pas encore démontré que le voyage dans le temps est impossible, ce n’est encore qu’une conjecture que Stephen Hawking a appelé « la conjecture de protection chronologique » », qui « rend l’histoire sûre pour les historiens ». Si l’on pouvait en faire un théorème d’impossibilité comme le théorème de Gödel (cf. chapitre XV), qui montrerait que malgré qu’il existe des connexions super lumineuses, il est totalement impossible de s’en servir au sens pratique, cela constituait non une preuve mais un élément significatif en faveur du principe anthropique super fort. Car dans un univers né de processus purement aléatoire, pourquoi une telle « aberration » serait elle interdite alors même qu’il existe des processus super lumineux ?
J’affirme donc avec force que loin d’être une lubie ou une pure spéculation « le principe anthropique super fort », en posant une question de fond sur la cohérence de l’Univers, peut générer, comme le principe anthropique lui-même, des recherches de pointe sur la nature des lois physique.