02-04-2007 à 09:58, cyclotron :
Si demain, tu arrives dans un pays où la durée du travail légale n'est que de 10 heures par semaine, au fond de toi, même si ton patron te demande de faire 20 heures, tu n'auras pas le sentiment de te faire exploiter.
Pourquoi ?
Pour des raisons culturelles !!
Parceque dans ta culture, c'est normal de travailler environ 35-40 heures par semaine.
Après, si tu y vois du racisme, je pense que ça t'arrange de le croire, c'est plus façile que d'intégrer que mon raisonnement est parfaitement valable.
Quant au soupçon de racisme, il laisse la personne que tu imagines concerné indifférente.
Non désolée ; je ne vois pas ce qui te permet d'être aussi affirmatif. C'est peut-être valable pour certaines personnes mais on ne peut certainement pas en faire une généralité.
Idem pour cette affirmation : "Un français n'a pas la même tolérance à la charge de travail qu'un immigré venant d'un pays très pauvre !
Devant, une même situation, le travailleur français s'arrête et fait grève".
Des tas de Français exploités ne feront jamais grève. Les "jaunes", ça existe !
Surtout, ta réflexion suggère l'impossibilité - voire le refus ? - de s'adapter à de nouvelles règles, à de nouveaux usages, à un autre état d'esprit ; c'est ça qui me chiffone le plus et qui me fait considérer ton jugement comme un préjugé raciste.
D'autre part, quand je disais "pas convaincant", c'est aussi parce que je pense que ça n'a guère à voir avec le niveau de culture ou d'études. Faut-il nécessairement être cultivé ou être qualifié pour se rendre compte qu'on est exploité ? Franchement, je ne crois pas.
02-04-2007 à 13:08, cyclotron :
Non bien sûr, on ne peut pas généraliser, je te félicite de rappeler de telles évidences.
Une autre évidence est que si on ne généralise pas à un moment donné, on ne fait plus rien, on ne parle plus, on ne prend aucune décision, toute opinion est forcément fausse parceque dans telles situations particulières...
Idem pour cette affirmation : "Un français n'a pas la même tolérance à la charge de travail qu'un immigré venant d'un pays très pauvre !
Devant, une même situation, le travailleur français s'arrête et fait grève".
Des tas de Français exploités ne feront jamais grève. Les "jaunes", ça existe !
Tu réponds à côté...
Ok, il y a des gens qui ne font jamais grève parceque tout simplement ils considèrent leur situation acceptable (ou par couardise mais ça, c'est un autre problème, le courage ça s'apprend pas) et pas par idéologie anti-syndicaliste (ce que les syndicalistes aimeraient bien faire croire en usant de sobriquet culpabilisant pour désigner/dénoncer ces gens-là)
Par contre, envoie un "jaune" français travailler dans une usine au fin fond de la Chine, et tu vas voir que ce n'est pas une posture et qu'il va chèrement regretter l'absence de syndicats dans l'usine !
Encore une fois, la notion de d'exploitation est différente pour chacun.
Elle est différente pour le syndicaliste et le "jaune", elle est différente pour le français et l'américain et elle est encore différente pour le français et le chinois.
Enfin bref, cela dépends de ta culture !
Ce qui est inacceptable en France, ne l'est pas forcément dans d'autres pays !
Va en Chine expliquer que travailler 40 heures au lieu de 35, c'est de l'exploitation, mais tu va les faire mourir de rire !
Je vois mal comment tu peux nier ce facteur autrement qu'en essayant de noyer le poisson dans l'eau
Donc toi, le chinois qui fait des heures sup sans rechigner et qui refusera de se montrer solidaire avec des grévistes, tu vas le traiter de "jaune" (pas de remarques, svp, c'est le hasard de l'exemple) ou au mieux tu vas dire qu'il est naïf et pas au courant de ses droits.
Moi, je conçois qu'il ne soit pas choqué de travailler plus qu'un français parceque dans sa culture il a l'habitude de faire ainsi.
Et je conçois que les revendications d'un français lui paraissent bien futiles à lui qui a connu la vrai misère.
Surtout, ta réflexion suggère l'impossibilité - voire le refus ? - de s'adapter à de nouvelles règles, à de nouveaux usages, à un autre état d'esprit ; c'est ça qui me chiffone le plus et qui me fait considérer ton jugement comme un préjugé raciste.
D'autre part, quand je disais "pas convaincant", c'est aussi parce que je pense que ça n'a guère à voir avec le niveau de culture ou d'études. Faut-il nécessairement être cultivé ou être qualifié pour se rendre compte qu'on est exploité ? Franchement, je ne crois pas.
Ma réflexion ne suggère rien du tout.
01-04-2007 à 23:30, cyclotron :
(...)
Oui, j'aurais dut parler d'un ghanéen n'ayant pas fait d'études, un paysan, un ouvrier.
J'ai utilisé un raccourci qui peut-être considéré comme raciste, ok !
Je parle de culture pas d'intelligence, je n'ai jamais dit que l'adaptation était impossible et qu'ils étaient trop idiot pour ça (quitte à caricaturer, allons-y).
Par contre, je maintiens qu'on ne modifie pas une culture en claquant des doigts, ça met du temps, beaucoup de temps parfois, et des fois même, dans certains domaines, ça n'arrive jamais, et est-ce vraiment ce que l'on souhaite ?
Moi, je ne suis pas pour matraquer une façon de penser et une façon de vivre... si on accepte des étrangers faut aussi accepter leur différence, l'intégration ou l'adaptation à nos moeurs ne se fait que sur plusieurs générations, c'est un long processus, c'est aussi une raison pour laquelle il faut stabiliser le nombre d'étrangers en France si on ne veut pas favoriser le communautarisme ethnique par le repli sur sa culture.
Enfin bon... ce qui me fait sourire dans tout ça, c'est que vous êtes les propres agents de la destruction du communisme.
Il n'y a qu'à noter la relation qui existe entre la disparition progressive des banlieues rouges et l'immigration venant du magrheb à la même époque.
Encore, une fois, je ne juge pas... il n'y avait pas de culture syndicale et ouvrière dans ces pays, c'est tout, mais on voit le résultat aujourd'hui...
02-04-2007 à 15:09, Pangolina :Enfin bon... ce qui me fait sourire dans tout ça, c'est que vous êtes les propres agents de la destruction du communisme.
Il n'y a qu'à noter la relation qui existe entre la disparition progressive des banlieues rouges et l'immigration venant du magrheb à la même époque.
Encore, une fois, je ne juge pas... il n'y avait pas de culture syndicale et ouvrière dans ces pays, c'est tout, mais on voit le résultat aujourd'hui...
Ce passage demanderait à être développer.
Le constat de l’effacement progressif de la "banlieue rouge", du moins sous sa figure la plus traditionnelle, renvoie à la dissolution d’une configuration originale qui imbriquait étroitement des aspects économiques, sociaux, politiques, culturels et territoriaux. Lorsque le journal L’Humanité titrait, au lendemain des élections de mars 2001, sur "la fin du communisme municipal", il s’agissait bien, au-delà du nombre de villes perdues, de sanctionner la fin d’une forme d’autorité politique fondée sur une certaine cohésion sociale, aussi mythique qu’elle ait été. Certes cette évolution renvoie en premier lieu à la crise industrielle des années 70 et 80, ainsi qu’à une certaine perte d’évidence de l’identité ouvrière.
[...]
La population ouvrière qui est restée s’est profondément modifiée socialement et culturellement. En particulier, l’immigration y tient une place beaucoup plus grande, et par tradition, le PC a beaucoup de mal à encadrer une classe ouvrière immigrée. De plus, les rapports au travail de cette population ont énormément bougé, ce qui a fait éclater le cadre "travaillliste" sur lequel s’était construit le pouvoir communiste.
Des banlieues rouges aux banlieues beurs
Je me souviens de la banlieue populaire des années 60 ; issus de l’exode rural et de l’immigration, les travailleurs y vivaient en bonne intelligence, et dans le plein emploi aux usines Renault de Billancourt tout près.
Aucun racisme contre les anciens immigrés ; dans cette cité-dortoir sans passé, tous étaient fiers d’être originaires d’un ailleurs historique : breton, savoyard, italien, espagnol, polonais... Petite nuance pour les Noirs africains qu’on trouvait rigolos (comme dans Tintin au Congo) ; les Antillais un peu cons qui ne rêvaient que d’astiquer leur BM d’occase le dimanche sur le parking. Les seuls qui posaient problème, déjà, c’étaient les Algériens qui se tenaient à l’écart dans la solitude, la peur, l’islam et la Sonacotra, et dont les jeunes, peu nombreux encore, foutaient déjà la merde : agressions de postiers, glaviots, insultes, bagarres...
Mais ce mélange tenait, fraternel, grâce à l’idéologie du travailleur collectif ; le respect de celui qu’on côtoie tous les jours sur le lieu de travail ; le travail partagé au quotidien qui rapproche les gens et abolit les préjugés. Cette solidarité ouvrière, internationaliste, inculquée par le Parti, qui s’opposait à l’ethnisme de droite aujourd’hui en vigueur chez tous les gauchistes. Un petit peuple des banlieues structurellement moins raciste que les petits-bourgeois et les commerçants ; quant aux grands bourgeois qui vivaient ailleurs, pour eux comme toujours la banlieue c’était du cinéma, voire de la science-fiction.
Alors que s’est-il passé ?
Crise du pétrole de 1973 et raréfaction de l’emploi, clament les gauchistes, marxistes quand ça les arrange.
Pourquoi la raréfaction de l’emploi aurait-elle dissous la morale ouvrière, quand la morale ouvrière, faite de conscience et de solidarité de classe, venait justement de sa lutte contre la misère ?
En général c’est plutôt l’embourgeoisement qui dissout la morale et les solidarités (les li-li-bo-bos en savent quelque chose). Or, le moins qu’on puisse dire c’est qu’en banlieue, depuis 1973, il n’y a pas eu embourgeoisement !
Le vrai changement vint du « regroupement familial », décrété par Giscard en 1974.
Alors qu’avec le « premier choc pétrolier », l’emploi devenait rare et l’immigration beaucoup moins nécessaire à l’économie nationale ; alors que la continuation de la politique gaullienne eût été de renvoyer chez eux ces travailleurs exploités, avec pécule et savoir-faire, le gouvernement de droite de l’époque, contre toute logique, décréta l’aberrant « regroupement familial ». Dorénavant ces travailleurs solitaires, maintenus jusque-là isolés de la population française, auraient le droit de faire venir leurs femmes, et tous les fils qui naîtraient de ces esclaves humiliés et de leurs épouses brutalement déportées deviendraient français !
Bombe à retardement, quand on songe que tout ces z’y va qui pourrissent aujourd’hui l’ambiance seraient encore dans les couilles de leur père !
Décision étrange, prétendument humaniste, qui a changé pour toujours le visage de la France et qui est peut-être en train de la foutre en l’air.
Bêtise ou... stratégie ?
Une fois de plus la bourgeoisie française, qui vit depuis toujours dans la terreur de son peuple de gauche (1793, 1848, 1871, Pétain...), choisit la politique du pire pour ne pas avoir à rogner sa rente et partager les richesses...
Le regroupement familial ne fut pas une naïveté humaniste de grand bourgeois qui plane, mais un projet pervers, dégueulasse : transformer les banlieues rouges à très forte conscience et solidarité de classe (avec un PCF à 30 %) en banlieues beurs.
Car on ne dira jamais assez à quel point la maghrébisation, l’africanisation, la tiers-mon-disation de la France ont fait baisser vertigineusement le niveau de civisme et de civilité de la population française. À quel point ce recul du niveau de conscience démocratique fut voulu par le patronat et le pouvoir : des voyous et des abrutis plutôt que des ouvriers conscients de leurs droits... et de leurs devoirs. Il y eut un procès Pétain, on peut rêver d’un procès Giscard.
« Comment le PCF, avec son organisation structurée en parti de classe, a-t-il perdu ce contrôle dans les banlieues ? »
« Par l'immigration justement. Le PCF vivait de son encadrement et de sa défense historique de la classe ouvrière, anciennement majoritaire en banlieue. Le but du regroupement familial a donc été clairement, entre autres, de casser ce pouvoir en important massivement dans les banlieues, des Africains issus de la paysannerie pauvre du tiers monde et du bled, sans culture ouvrière, syndicale. Ainsi, on a cassé une organisation et une conscience de classe, comme on a cassé à la même période les forteresses ouvrières et syndicales, type Billancourt. Aujourd'hui, les gosses qui brûlent des bagnoles ne sont pas des enfants d'ouvriers qui se battent pour préserver des acquis de classe, mais des paumés violents, issus le plus souvent de familles sans pères et forcément nihilistes, puisque n'ayant aucune culture solide, aucun exemple valorisant auquel se raccrocher. Ces jeunes ne sont pas des opprimés en lutte, ce sont des névrosés sociaux. »




