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Psychanalyse, de la croyance et de la science

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Le 10-09-2005 à 15:49 #

Bonjour,

Je me permets de créer ce sujet afin de ne pas polluer d'autres fils dans lesquels ce thème revient de manière récurente.

Les questions sont (merci Ahaw) :

La Psychanalyse est-elle la grande imposture scientifique du siècle dernier ?
Freud était-il un imposteur ?

Ou, plus élégamment, quid de la science et de la croyance dans la théorie Psychanalytique ?


Arbitrairement, j'ai choisi ce message de Cyclotron pour ouvrir le bal. D'autres ont le mérite de l'antériorité, et des liens pertinents avaient été soumis que l'on voudra bien, je l'espère, ajouter à volonté.


Par contre, je conseille à toute personne de ne jamais lire (et a fortiori de relire) les "oeuvres" de Freud et ses adeptes, à moins de vouloir constater par soi-même jusqu'où les divagations de l'esprit humain peuvent aller.

(...) j'avais bien envie de me "farcir" un adepte de ces foutaises.
C'est le genre d'envie que j'ai comme ça, de bon matin, quand je sens poindre l'ennui.
Tant pis, ça sera pour une autre fois.


Ludwig :


Sois prudent quand même : la psychanalyse a des bases si fragiles qu'elle est presque non réfutable.
Ludwig
"psy" canalisé.


Freud :


Je débute justement ma lecture sur la psychanalyse, et particulierement Freud.

Je suis ton homme ! Explique-moi ton point de vue. Je te suggère par contre pour cela de créer un nouveau fil en indiquant ton lien ici.

Tu entends par "foutaises" la psy. freudienne et post-freudienne ou inclus-tu tout le monde dans le même sac ?

Tu m'interesses !

@+

PS: mon pseudo fait plus référence au prénom "fred" qu'à Sigmund lui-même.




[ Ce message a ete modifié par : : Adriatika le 10-09-2005 16:04 ]

Le 10-09-2005 à 15:52 #

Cyclotron :



Salut Freud,

Je me disais bien qu'avec un nom pareil, tu réagirais.
Un débat autour de la psychanalyse?
Pourquoi pas?

En avant propos, je préciserais qu'à priori, oui, je mets tout le monde dans le même sac.
Enfin, étant donné que la psychanalyse n'est soumis à aucune réglementation, j'admet qu'on peut trouver un peu de tout derrière la dénomination de psychanalyste.
En fait, pour caricaturer, demain je peut trés bien ouvrir un cabinet en tant que psychanalyste et défendre à mes clients la thèse que la psychanalyse ne sert à rien.
C'est ce qui fait le charme de cette pratique: chacun prend un peu chez l'autre les thèses qui le séduisent et ignore celle qui lui plaisent pas.

Cyclotron



Le 10-09-2005 à 15:53 #



demain je peut trés bien ouvrir un cabinet en tant que psychanalyste



Ne serait-ce pas quelque peu présomptueux ?



Mais sur la forme, je tiens à féliciter Cyclotron, dont les interventions sont de plus en plus soignées, preuve que l'exigence qualitative l'emporte.

Sur le fond, cependant, l'ouverture est étroite.

En fait, je n'ai pas trop envie de défendre la psychanalyse en sa qualité de thérapie. Personne (et surtout pas Cyclotron) n'ignore les erreurs et balbutiements de cette approche. La critiquer est utile, la dénigrer stupide. Je voudrais simplement préciser le contexte. Contexte dans lequel la psychanalyse s'est développé, contexte actuel au cours duquel elle fait l'objet d'une véritable campagne visant à en discréditer la pratique.

Enfin rappeler que "théorie Psychanalytique" n'est pas "thérapie (ou cure) Psychanalytique".

Pour mémoire, ce sont les nazis qui brûlèrent les livres de Freud (1856 - 1939).

I CONTEXTE D'EPOQUE :

A l'époque, la science médicale à l'oeuvre dans les hôpitaux psychiatriques n'allait guère bien au delà de la douche froide, du sirop de bromure et, déjà, des chocs (thermiques principalement). On envisageait la lobotomie... Mais celle ci ne débutera qu'en 1936, alors même que la cure de Sakel était en plein essort. Enfin viendront les électrochocs (en 1938) alors que les premiers neuroleptiques ne feront leur apparition qu'en 1952.

Au passage, on notera que ce n'est qu'en 1941 que l'Hôpital Ste Anne s'équipe d'un laboratoire d'électroencéphalographie, l'un des premiers au monde.

N'oublions pas qu'avant Freud, la vision scientifique du développement de l'enfant était qu'avant d'expérimenter le langage, le nourrisson n'était rien d'autre qu'un tube digestif. Il était commun d'emmailloter les bébés dans des langes qui leur emprisonnaient les bras et les jambes. Ce n'est qu'un exemple...

Voilà pour le contexte. S'il fallait critiquer la science de l'époque, elle en sortirait bien mal en point.

II CONTEXTE ACTUEL :

Il était inévitable que la recherche s'oriente sur deux axes, que l'on pourrait schématiser par : L'axe physiologique et l'axe psychologique. Croire que l'un peut supplanter l'autre n'est rien d'autre qu'une croyance, fondée sur la méconnaissance des liens qui fondent la construction de l'individu, entre "acquis" et "inné", "humeur" et "hormones" etc.

La démarche purement psychanalytique est une impasse, tout comme l'est le courant purement organiciste. De cette évidence est née la volonté d'une approche holistique de la personne souffrante. Cette démarche est comprise bien au delà de la psychiatrie, elle concerne tout le médical.

Ce qu'il faut comprendre, c'est que l'attaque contre la psychanalyse n'est pas fortuite. Que l'on critique la Psychanalyse est une démarche saine qui peut être constructive. La critique est vitale et nécessaire. Mais celle-ci opère au sein d'un contexte ou des conceptions divergentes du soin s'affrontent, qui n'hésitent pas à manier le dénigrement plus que la critique.

Aujourd'hui, les médecins se réclament tous de la science. Presque tous. Associer "Humaine" au mot "science" serait inconvenant. Cependant, cette volonté du tout "scientifique" masque à peine l'inféodation à l'une des sciences les plus contestables : l'Economie. Ou la machine passe avant l'humain, le protocole avant l'art.

Ce que dénonce Nicole Koechlin, praticien hospitalier à Ste Anne :

(sorry, c'est un peu long, mais cela positionne le débat)



(...) paradoxalement, les rapports entre la psychiatrie et la Science tendent actuellement à fermer plus de portes qu’ils n’en ouvrent.

« Les études ont montré », « les scientifiques disent », les médecins en viennent à se concevoir comme scientifiques, reléguant dans la non-modernité la relation médecin-malade, l’art, la pratique, la clinique ; le ministre de la santé ne nous dit-il pas que la cardiologie est une science dure ! Le directeur de la toute nouvelle Haute Autorité en Santé veut nous imposer comme allant de soi la « médecine basée sur les preuves » (Le Monde du 26 janvier) : « La question est de savoir comment favoriser l'"evidence based medicine" - la médecine fondée sur les preuves - dans la pratique quotidienne ». Celle-ci, partie du Canada, investit en nappe d’huile la médecine, qui tend vers la pure technique. Cela signifie que le moyen d’action n’est plus la relation de soin, mais les protocoles de soins, collusion entre illusion de science et judiciarisation.

Illusion de science, car il s’agit d’une Science conçue comme Autorité, qui ne nécessite ni conscience ni doute. Dans cette démarche, les problématiques sont remplacées par des énumérations, sans aucune dialectique, la conclusion s’imposant d’elle-même par la force de l’affirmation. De cela nous avons eu un exemple récent avec le colloque sur « valeurs humaines et neurosciences » (le Monde du 2 février). Ainsi J. P. Changeux répétant sous diverses formes « Il ne faut pas penser qu'une approche objective via la connaissance scientifique soit antagoniste d'une réflexion sur les valeurs morales et sur ce qui définit le beau. Bien au contraire, je pense que cette approche enrichit cette réflexion. ». Comment cette réflexion est-elle posée ? Dans la même interview : « Les neurosciences vont nous apporter une nouvelle vision, une nouvelle conception, de l'homme et de l'humanité ». Ce qui transparaît c’est l’homme vu comme un cerveau dans une splendide autarcie, les relations, l’intersubjectif ne faisant plus partie de l’objet scientifique. On peut isoler le cerveau, le considérer « à l'échelle cellulaire et moléculaire, au niveau des réseaux de neurones », et l’étudier comme une boite noire, sans bien sûr tenir compte de la relation de l’observateur à l’observé. L’homme machine solitaire, la société somme de machines.

Avec la médecine « protocolaire » est à l’œuvre de manière cachée pour nous Français, mais qui apparaît à l’évidence dans des études anglo-saxonnes, l’idéologie de l’utilitarisme (fondée par John Stuart Mill) qui considère que l’homme est mu par son intérêt personnel. Utilitarisme que certains repèrent comme le fondement de l’ultra-libéralisme. Cette science-là préconise des protocoles concernant peu à peu tous les aspects du soin.

Ainsi un exemple est pour moi « désespérément » symptomatique de cette évolution. Nous allions vers une diminution des chambres d’isolement et des attaches, déjà disparues dans un certain nombre de secteurs psychiatriques. On savait que les attaches provoquaient l’agitation, qu’elles compromettaient toute vraie relation soignante, l’infiltrant de peur réciproque. Il ne s’agit pas de nier ici qu’exercer une contrainte est parfois nécessaire, au contraire, c’est ce qui a pu structurer une part de la réflexion psychiatrique et les rapports de la psychiatrie et de la société. Mais actuellement, l’idée d’attacher redevient fréquentable. Cherchez un service qui n’a pas son matériel pour attacher, ses chambres d’isolement ? Et la bonne conscience est due aux protocoles qui nous donnent le « cadre » scientifique, rendant ainsi ces actes magiquement éthiques et thérapeutiques. De plus l’obéissance à des protocoles entravent nos motivations, notre volonté d’action, et nos capacités à imaginer.


[ Ce message a ete modifié par : : Adriatika le 10-09-2005 16:26 ]

Le 11-09-2005 à 12:27 #

"Aujourd'hui, les médecins se réclament tous de la science. Presque tous. Associer "Humaine" au mot "science" serait inconvenant. Cependant, cette volonté du tout "scientifique" masque à peine l'inféodation à l'une des sciences les plus contestables : l'Economie. Ou la machine passe avant l'humain, le protocole avant l'art."

la mise en parallèle des propos rapportés de Nicole koechlin et de J. P. Changeux mettent de mon point de vue en lumière la perspicacité de ton intro. Dans l'exemple cité des neurosciences, y a-til vraiment étanchéité complète en science entre observateur et observé ?
"On peut isoler le cerveau, le considérer « à l'échelle cellulaire et moléculaire, au niveau des réseaux de neurones », et l’étudier comme une boite noire, sans bien sûr tenir compte de la relation de l’observateur à l’observé. L’homme machine solitaire, la société somme de machines." Faire cette assertion, n'est-ce pas vouloir accoler un critère d'objectivité, de neutralité à l'observateur et ainsi faire de la médecine non pas une science humaine mais une science pure isolée de toute contingence et de toute influence exogène ?
Mais comme le montre Nicole Koechlin, la réalité des faits est tout autre : "Avec la médecine « protocolaire » est à l’œuvre de manière cachée pour nous Français, mais qui apparaît à l’évidence dans des études anglo-saxonnes, l’idéologie de l’utilitarisme (fondée par John Stuart Mill) qui considère que l’homme est mu par son intérêt personnel. Utilitarisme que certains repèrent comme le fondement de l’ultra-libéralisme. Cette science-là préconise des protocoles concernant peu à peu tous les aspects du soin." L'idéologie de John Stuart Mill, le dernier père fondateur de l'école Classique en économie politique exerce apparemment une influence non négligeable sur la méthodologie médicale au travers de protocoles.
Or l'école classique est convaincue que l'"égoïsme naturel chez l'homme" (assertion découverte par la raison), la recherche de la satisfaction de l'intérêt personnel est source d'harmonie, d"équilibre, bon pour tous.
Les classiques ont une même vision du monde malgré quelques divergences. Leur point commun:
Préconiser 1)le laisser faire et 2)le laisser passer. Ce sont les deux points fondamentaux de l' idéologie dite libérale. Qu'on adhère ou pas à cette idéologie, assurer que cette idéologie se suffit à elle-même pour rendre compte d'une totalité...oups
Ne vaut-il donc pas mieux mettre à jour l'idéologie qui sous-tend le système de pensée plutôt que de prétendre à l'exhaustivité explicative et de faire comme si elle n'existait pas ? N'est-ce pas préférable à l'intérêt général ?

Le 11-09-2005 à 13:36 #

Bonjour Patcha,

Considérant qu'il était utile de garder présent à l'esprit le contexte dans lequel sont portées les attaques contre la psychanalyse, il m'a semblé intéressant de situer celui-ci.

C'est un autre débat, qu'il conviendra de ne pas négliger, mais dont l'ampleur probable a de quoi faire frémir.

Bien entendu, les défenseurs d'une méthodologie de la preuve assurent qu'on ne perd rien de la qualité d'une relation soignant/soigné en appliquant leur grille scientifique (diagnostic et protocole).

Dans les faits, comme à chaque fois, la pratique tend à simplifier l'application de la théorie. De ce fait, comme le souligne Koechlin, la grille diagnostic ôte toute velléité de recherche supplémentaire et permet de faire l'économie d'une vraie rencontre avec l'individu, réduit à sa pathologie. Du même principe, le protocole fait loi et définit l'action, systématisée et normalisée.

Il existe, hélas, des lieux hospitaliers où se perpétuent des comportement scandaleusement anti-thérapeutiques. Dans ces lieux, l'apport de l'EBM, malgré les résistances, apporte le minimum d'exigence nécessaire à la mise en oeuvre du soin.

Partout ailleurs, c'est au contraire une contrainte stérilisante qui nivelle le soin par le bas.

Cela fait 20 ans que l'EBM tente de trouver sa place dans le soin psychiatrique. La résistance fut farouche, le dernier bastion étant les lieux où s'exerce une pratique d'inspiration Analytique (Psychanalytique). Et c'est dans ce contexte que sont apparues diverses publications visant à dénigrer l'oeuvre de Freud et de ses "descendants".

Aujourd'hui, après le Taylorisme, c'est bel et bien l'utilitarisme Millien qui sous-tend la mise en oeuvre de la politique de Santé. Les prochaines étapes sont donc, logiquement, la mise en concurrence des hôpitaux (en cours), puis la privatisation du système de Santé (pour bientôt).

Nous sommes donc face à un véritable choix de société. Et, curieusement pour ceux qui n'avaient pas conscience des enjeux, c'est bel et bien l'école de psychiatrie d'inspiration Analytique, c'est à dire les disciples de Tosquelles, Lacan, Oury, Lainé et d'autres, qui sont les fers de lance de la résistance.

Il ne faudra pas compter sur les mandarins pour y résister. Ceux ci occupent leur place dorée grâce à leur soumission permanente au Pouvoir, quand ils ne sont pas partie de ce Pouvoir. Depuis longtemps, ils exploitent des lits privés au sein de l'hôpital (hospitalisations facturées à leur seul bénéfice), et ne se privent pas de détourner la clientèle du Service Public vers leurs cabinets privés. Sans compter l'incomparable confort de celui qui voit son nom inscrit sur toutes les tablettes, mais laisse depuis fort longtemps à ses internes et assistants le soin de réaliser les opérations chirurgicales... Ceux là sont complaisants avec l' EBM.

Il ne s'agit donc pas que d'une position idéologique, voire théorique. Les implications pratiques sont déjà là. Le développement de la politique de Secteur a ainsi été dévoyée, ses outils qualitatifs sacrifiés sur l'hôtel économique. Le rapprochement des unités de soin spécialisées (SMP-CMP) avec les hôpitaux généraux a généré une quantification absurde des jours d'hospitalisation nécessaires par pathologie, avec à la clef un turn-over considérable. Comme l'architecture de ces lieux de conception récente à été conçue sur ces bases, les locaux et le matériel ne sont pas adaptés à des hospitalisations de longue durée, pourtant d'évidence nécessaires. Résultat, si quelqu'un doit rester longtemps hospitalisé, il aura à souffrir de cette inadéquation entre ses besoins et le service offert.

Il aura de plus la désagréable impression d'être catalogué, réduit à la définition de sa maladie, parfois ignoré, voire évité par des soignants sous-formés et assujettis aux protocoles, donc eux-mêmes en situation d'insécurité dès lors qu'ils découvrent la véritable complexité de l'être humain souffrant. Il lui arrivera même de se sentir méprisé, écrasé par une machine implacable détentrice d'un Savoir qu'elle ne partage qu'à grand peine.

Vision certes pessimiste, et qui ne doit pas cacher les mille et unes petites transgressions qui prennent une dimension relationnelle et soignante, l'effort de très nombreux personnels de Santé pour maintenir malgré tout un niveau qualitatif et aller à la rencontre de la personne souffrante.

J'ai le souvenir d'un jeune Psychiatre Sétois introduisant dans un article de Synapses la notion de dévouement. Quelques uns, à leur niveau, fut-il modeste, résistent. Ils sont nombreux mais encore trop désorganisés. On notera cependant que ceux qui mettent des mots sur la politique de Santé actuelle et proposent d'autres voies sont, entre autres mais principalement, les organisateurs des Journées de St Alban... Où l'on retrouve la Psychiatrie d'inspiration Analytique.

Le 11-09-2005 à 15:39 #

Salut !

Marrant ça ! un véritable sujet d'actualité ! Comme pour apporter de l'eau au moulin de Cyclotron, vient de sortir récemment Le livre noir de la psychanalyse. On en trouvera un résuméici..

Le 11-09-2005 à 19:09 #

Bonjour Pango,

Intéressante lecture.

S'appuyant sur des faits incontestables (et incontestés, voir plus haut) en ce qui concerne l'histoire (ô combien réductrice) Freudienne, elle condamne toute orientation prise par les thérapeutes d'inspiration analytique :

- Culture du secret - enseignement dans de petits instituts privés, jargon de spécialistes -

(en passant sous silence la main mise des organicistes sur l'enseignement de la médecine, ce qui génère des promotions entières de psychiatres organicistes, quand leurs années d'internat ne viennent pas nuancer les acquis théoriques. D'autre part, aucune discipline n'existe sans jargon et les dictionnaires sont en vente libre)

- Organisation en groupes de pression - exemple de la délégation de Lacaniens reçue au Ministère -

(idem, en passant sous silence la prédominance des organicistes dans les sphères du Pouvoir, ce qui contraint les autres psychiatres à la réaction. Notons que ce sont ces médecins proche du Pouvoir qui orchestrent la casse du Service Public selon les critères définis plus haut dans ce fil, les effets de manchette après l'affaire de Pau n'y changeant rien ou presque)

- Quand Dolto popularise la théorie d'inspiration analytique en pédopsychiatrie et en psychologie de l'enfant et de la famille, on crie au danger et au scandale.

(notons qu'il s'agit d'une démarche à l'inverse de celle décrite plus haut, de cloisonnement et de secret. Mais quoi qu'on fasse, on aura toujours tort ! D'autre part, le seul vrai danger est la confrontation de la théorie à la réalité. Chacun peut se faire un avis, au travers de sa propre expérience et en discutant avec des proches, sur la pertinence de la théorie selon Dolto. Quand à l'accuser de dangerosité, il appartiendra aux parents et à leurs enfants d'en tirer les conclusions... On jugera également de cette attaque contre la notion de "prévention")

Fi de l'analyse clinique, fi de l'observation, fi de la psychologie.

Alternative suggérée, les thérapies comportementales.

Il n'est pas de mon propos de dénigrer ses thérapies, qui ont fait leur preuves et sont en plein essor.

Cependant, assimiler leurs succès à la guérison est une autre imposture, rendue possible par l'humilité même de la démarche comportementaliste, qui consiste à isoler et traiter un SYMPTÔME. Par rapport à ce symptôme, il y a souvent succès. Mais l'on sait aussi que la maladie et les atteintes de la personnalité restent et s'expriment alors à travers d'autres symptômes. Pourvu qu'ils soient moins invalidant, on en sera satisfait.

Laisser croire que d'autres thérapies que celles d'inspiration analytiques serait susceptibles de guérir est donc un mensonge (par omission, car bien sûr, personne ne se hasarderait à le dire, tout en dénonçant le manque d'efficacité de la premiere)

Le 11-09-2005 à 19:34 #

Alternative suggérée, les thérapies comportementales.

Il n'est pas de mon propos de dénigrer ses thérapies, qui ont fait leur preuves et sont en plein essor.

Cependant, assimiler leurs succès à la guérison est une autre imposture, rendue possible par l'humilité même de la démarche comportementaliste, qui consiste à isoler et traiter un SYMPTÔME. Par rapport à ce symptôme, il y a souvent succès. Mais l'on sait aussi que la maladie et les atteintes de la personnalité restent et s'expriment alors à travers d'autres symptômes. Pourvu qu'ils soient moins invalidant, on en sera satisfait.

Laisser croire que d'autres thérapies que celles d'inspiration analytiques serait susceptibles de guérir est donc un mensonge (par omission, car bien sûr, personne ne se hasarderait à le dire, tout en dénonçant le manque d'efficacité de la premiere)


Salut Adri !

Entièrement d'accord ! Je pense que ce sont ces multiples variétés de thérapie comportementale qui foutent la m.... et ont contribué - entre autres bien sûr - à jeter le discrédit sur la psychanalyse notamment freudienne.

Une petite citation de ma copine lucilla, (excellente) psychologue pour enfants de son état, et d'une lucidité toujours extraordinaire :
"je n'ai lu que le résumé dans le nouvel obs, pas encore le livre , mais c'est un ramassis de stupidités, du genre Freud lui-même a parlé de "métier impossible " alors vous voyez bien que lui-même n'y croyait pas !
ou bien arguant de la fameuse réponse de Freud à une mère lui demandant comment être une bonne mère : "faîtes comme vous voulez, de toutes façons vous ferez mal ", comme la "preuve" du désir de la psychanalyse de culpabiliser les mères ! ce serait drôle si ce n'était surtout fort bête , car c'est faire la preuve d'une incapacité à comprendre ce qu'est l'inconscient , et donc la psychanalyse , ce qui est embêtant quand on prétend l'attaquer : ce serait bien d'avoir compris quelque chose
métier impossible , ou "de toutes façon, vous ferez mal" , c'est juste une façon de souligner l'extrême difficulté à vouloir enseigner, éduquer et soigner ( les trois métiers impossibles) en raison du caractère inconscient des relations établies entre les humains , et de l'impossibilité à "maîtriser" quoique ce soit en la matière ! c'est mettre l'accent sur la liberté fondamentale de l'individu, et sur le fait que toujours quelque chose "échappe" ( et heureusement , je dirais ) car tous ces partisans des TCC (thérapies comportementales) font peur , avec leur certitude de tout redresser et normaliser par forcing psychique , au risque de rendre les patients encore plus malades en retour , en raison du retour du refoulé : "guéri"( débarrassé plutôt de ses tocs , ah ça oui, mais suicidé quelques mois plus tard : mince, c'est pas de chance ..."
.



[ Ce message a ete modifié par : : Pangolina le 11-09-2005 19:56 ]
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