Psychanalyse, de la croyance et de la science | |
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Par contre, je conseille à toute personne de ne jamais lire (et a fortiori de relire) les "oeuvres" de Freud et ses adeptes, à moins de vouloir constater par soi-même jusqu'où les divagations de l'esprit humain peuvent aller.
(...) j'avais bien envie de me "farcir" un adepte de ces foutaises.
C'est le genre d'envie que j'ai comme ça, de bon matin, quand je sens poindre l'ennui.
Tant pis, ça sera pour une autre fois.
Sois prudent quand même : la psychanalyse a des bases si fragiles qu'elle est presque non réfutable.
Ludwig
"psy" canalisé.
Je débute justement ma lecture sur la psychanalyse, et particulierement Freud.
Je suis ton homme ! Explique-moi ton point de vue. Je te suggère par contre pour cela de créer un nouveau fil en indiquant ton lien ici.
Tu entends par "foutaises" la psy. freudienne et post-freudienne ou inclus-tu tout le monde dans le même sac ?
Tu m'interesses !
@+
PS: mon pseudo fait plus référence au prénom "fred" qu'à Sigmund lui-même.
Salut Freud,
Je me disais bien qu'avec un nom pareil, tu réagirais.
Un débat autour de la psychanalyse?
Pourquoi pas?
En avant propos, je préciserais qu'à priori, oui, je mets tout le monde dans le même sac.
Enfin, étant donné que la psychanalyse n'est soumis à aucune réglementation, j'admet qu'on peut trouver un peu de tout derrière la dénomination de psychanalyste.
En fait, pour caricaturer, demain je peut trés bien ouvrir un cabinet en tant que psychanalyste et défendre à mes clients la thèse que la psychanalyse ne sert à rien.
C'est ce qui fait le charme de cette pratique: chacun prend un peu chez l'autre les thèses qui le séduisent et ignore celle qui lui plaisent pas.
Cyclotron
demain je peut trés bien ouvrir un cabinet en tant que psychanalyste
(...) paradoxalement, les rapports entre la psychiatrie et la Science tendent actuellement à fermer plus de portes qu’ils n’en ouvrent.
« Les études ont montré », « les scientifiques disent », les médecins en viennent à se concevoir comme scientifiques, reléguant dans la non-modernité la relation médecin-malade, l’art, la pratique, la clinique ; le ministre de la santé ne nous dit-il pas que la cardiologie est une science dure ! Le directeur de la toute nouvelle Haute Autorité en Santé veut nous imposer comme allant de soi la « médecine basée sur les preuves » (Le Monde du 26 janvier) : « La question est de savoir comment favoriser l'"evidence based medicine" - la médecine fondée sur les preuves - dans la pratique quotidienne ». Celle-ci, partie du Canada, investit en nappe d’huile la médecine, qui tend vers la pure technique. Cela signifie que le moyen d’action n’est plus la relation de soin, mais les protocoles de soins, collusion entre illusion de science et judiciarisation.
Illusion de science, car il s’agit d’une Science conçue comme Autorité, qui ne nécessite ni conscience ni doute. Dans cette démarche, les problématiques sont remplacées par des énumérations, sans aucune dialectique, la conclusion s’imposant d’elle-même par la force de l’affirmation. De cela nous avons eu un exemple récent avec le colloque sur « valeurs humaines et neurosciences » (le Monde du 2 février). Ainsi J. P. Changeux répétant sous diverses formes « Il ne faut pas penser qu'une approche objective via la connaissance scientifique soit antagoniste d'une réflexion sur les valeurs morales et sur ce qui définit le beau. Bien au contraire, je pense que cette approche enrichit cette réflexion. ». Comment cette réflexion est-elle posée ? Dans la même interview : « Les neurosciences vont nous apporter une nouvelle vision, une nouvelle conception, de l'homme et de l'humanité ». Ce qui transparaît c’est l’homme vu comme un cerveau dans une splendide autarcie, les relations, l’intersubjectif ne faisant plus partie de l’objet scientifique. On peut isoler le cerveau, le considérer « à l'échelle cellulaire et moléculaire, au niveau des réseaux de neurones », et l’étudier comme une boite noire, sans bien sûr tenir compte de la relation de l’observateur à l’observé. L’homme machine solitaire, la société somme de machines.
Avec la médecine « protocolaire » est à l’œuvre de manière cachée pour nous Français, mais qui apparaît à l’évidence dans des études anglo-saxonnes, l’idéologie de l’utilitarisme (fondée par John Stuart Mill) qui considère que l’homme est mu par son intérêt personnel. Utilitarisme que certains repèrent comme le fondement de l’ultra-libéralisme. Cette science-là préconise des protocoles concernant peu à peu tous les aspects du soin.
Ainsi un exemple est pour moi « désespérément » symptomatique de cette évolution. Nous allions vers une diminution des chambres d’isolement et des attaches, déjà disparues dans un certain nombre de secteurs psychiatriques. On savait que les attaches provoquaient l’agitation, qu’elles compromettaient toute vraie relation soignante, l’infiltrant de peur réciproque. Il ne s’agit pas de nier ici qu’exercer une contrainte est parfois nécessaire, au contraire, c’est ce qui a pu structurer une part de la réflexion psychiatrique et les rapports de la psychiatrie et de la société. Mais actuellement, l’idée d’attacher redevient fréquentable. Cherchez un service qui n’a pas son matériel pour attacher, ses chambres d’isolement ? Et la bonne conscience est due aux protocoles qui nous donnent le « cadre » scientifique, rendant ainsi ces actes magiquement éthiques et thérapeutiques. De plus l’obéissance à des protocoles entravent nos motivations, notre volonté d’action, et nos capacités à imaginer.
Alternative suggérée, les thérapies comportementales.
Il n'est pas de mon propos de dénigrer ses thérapies, qui ont fait leur preuves et sont en plein essor.
Cependant, assimiler leurs succès à la guérison est une autre imposture, rendue possible par l'humilité même de la démarche comportementaliste, qui consiste à isoler et traiter un SYMPTÔME. Par rapport à ce symptôme, il y a souvent succès. Mais l'on sait aussi que la maladie et les atteintes de la personnalité restent et s'expriment alors à travers d'autres symptômes. Pourvu qu'ils soient moins invalidant, on en sera satisfait.
Laisser croire que d'autres thérapies que celles d'inspiration analytiques serait susceptibles de guérir est donc un mensonge (par omission, car bien sûr, personne ne se hasarderait à le dire, tout en dénonçant le manque d'efficacité de la premiere)




