C'est très intéressant.
Lorsque notre travail porte sur le service (considéré comme acquis par le quidam), que ce soit dans le transport ou dans la santé (les deux étant essentiels au bon fonctionnement, à des niveaux différents il va de soi), une grève devient un acte délicat à plusieurs titres.
Soit on continue l'activité mais en se déclarant en grève : parce que, moralement, on sait qu'on va "taper en bas" (sur les citoyens destinataires) pour faire bouger "ceux d'en haut", et qu'il est difficile pour un infirmier (par exemple) de ne pas aider. Mais si l'activité n'est pas perturbée, on a l'impression de manifester
pour du beurre.
Pour les transports, il est plus facile de ne pas fournir le service : on enquiquine le badaud, ça diffuse aux médias, on passe pour des "chieurs", mais au moins on a l'impression de faire bouger les choses, d'avoir un impact.
Dans le milieu de la santé, c'est hyper difficile donc. Cela paraît immoral, et quand les médias s'en mêlent, on appuie bien sur le fait que c'est dégueulasse, mais pas sur le fait que ce service de santé est dur pour les professionnels, qu'il faut arriver à ce genre d'extrêmes pour se faire entendre. On parle de ce "qu'ils ont fait les vilains" et pas de "regardez à quel point ils doivent en avoir marre !"...
Je commence à détester le journalisme...
Si on peut appeler ça du journalisme...