Bonjour Samantha,
J'ai assisté à un exorcisme islamique à Evry, en milieu hospitalier. C'était un jeune dont les parents étaient d'origine Maghrébine, persuadés qu'il était possédé.
Typiquement un cas de bouffée délirante, mais résistante au traitement (ce qui n'est pas une rareté et n'indique en rien un doute sur le diagnostique).
Avec l'accord médical, un exorciste est intervenu. il a fait quelques passes de la main autour du visage et du corps du patient, a lu des verset du Coran et lui a attaché au poignet (ou autours du cou, je ne sais plus) une ficelle et un petit message écrit sur un morceau de papier.
L'esprit censé le posséder était supposé le quitter (avec le message) lorsque la très fine ficelle serait usée et se casserait.
Cet exorciste est revenu une fois ou deux, je ne me souviens plus.
Entre temps, le patient n'avait pas attendu l'usure de la ficelle et l'avait arrachée.
Résultat zéro.
Le traitement médicamenteux a fini par agir, rien de plus ou de moins à constater.
Plus jeune, j'ai assisté à un exorcisme catholique dans la région de Conches, pays d'Ouche en Normandie.
Il s'agissait d'une jeune fille qu'on disait possédée par un poltergeist, sans doute ce qui se rapproche le plus de la fiction du film l'Exorciste.
L'église n'était intervenue qu'avec l'accord du milieu médical, à la demande de la famille. Je ne crois pas que l'église Catholique pratique actuellement ce genre de rites sans s'entourer d'un maximum de précautions, y compris médicales, en tout cas en France. Je ne crois pas qu'il s'agissait d'un exorciste en tant que spécialité, mais plutôt d'un prêtre ayant accepté de procéder à un exorcisme.
Si tu veux en savoir plus sur les poltergeists, voici
un autre fil où j'en ai dit quelques mots.
Pascale Catala a écrit un très bon livre à ce sujet.
Donc l'exorcisme a consisté à lire des versets de la bible, asperger d'eau bénite et faire le geste de croix. ça a été assez long (environ 3/4 d'heure). La jeune fille a semblé fatiguée, et aussi apaisée.
Les manifestations (cris, jets d'objets par le fenêtre de la chambre, contorsions, tentatives d'auto-mutilation) ont recommencé, mais de façon moins importante et moins longtemps.
L'intervention de ce prêtre à été interprétée par l'équipe psy comme un moyen de faire alliance avec la famille. En répondant favorablement à leur demande, l'équipe gagnait sa confiance et sa collaboration dans la suite du traitement. On peut dire aussi que sa venue a constitué un "plus" dans la démarche thérapeutique, en marge mais utile.
Ce genre de collaboration est toujours à étudier avec soin, car les bénéfices ne sont pas évidents. De toute façon, cela vaut mieux car les familles, en particulier dans certaines campagnes, feront quand même appel à un sorcier ou un guérisseur. La philosophie de ces derniers peut parfois les amener à vertement critiquer la médecine, ce qui compromet la suite et risque de jeter ces familles entre les mains de charlatans de tout poil.
[ Ce message a ete modifié par : : Adriatika le 11-09-2005 22:13 ]