En 2001, Guillermito est contacté par le magazine "pirates" qui veut publier une étude comparative des antivirus commerciaux. Il s'attaque à Viguard, un antivirus dont la publicité prétend qu'il "détecte 100% des virus connus et inconnus". Ses tests révèlent qu'il n'en est rien et Guillermito envoie ses résultats sur le forum fr.comp.securite.virus. Le magazine "pirates" les publie également.
Tegam réagit alors d'une manière plutôt inattendue, en publiant des messages publicitaires qui décrivent Guillermito comme un terroriste recherché par le FBI. La société porte ensuite plainte contre lui, et son matériel informatique est confisqué.
Du point de vue technique, la publicité de Viguard est très peu crédible. Personne ne peut sérieusement prétendre stopper 100% des virus inconnus à ce jour. D'ailleurs, bien que l'antivirus de Tegam n'aie pas besoin de mise à jour quotidienne (contrairement aux antivirus conventionnels), il faut tout de même acheter la mise à jour annuelle si on veut être protégé des virus récents.
Par contre, il faut avouer que la démarche de Guillermito était plutôt maladroite. (voir commentaires) Publier ses résultats dans le magazine "pirates", qui est à l'informatique ce que "WeeklyWorldNews" est à la science, n'était sans doute pas la meilleure chose à faire. Il fallait s'attendre à ce que Tegam réagisse. Si l'information était passée dans un magazine de défense des consommateurs, sérieux et à gros budget, il y a fort à parier pour que Tegam ai réparé son logiciel et envoyé ses plates excuses aux utilisateurs. Mais " Pirates " magazine n'est tout simplement pas de taille pour protéger ses journalistes lorsqu'ils sont attaqués en justice.
Le résultat du procès sera déterminant pour l'avenir de l'internet et des médias en France. Si Guillermito est condamné, les bidouilleurs n'oseront probablement plus dénoncer les failles de sécurité des logiciels, de peur d'être poursuivis en justice. En fait, les frais d'avocat et les démarches pour assurer sa défense sont déjà suffisamment laborieuses pour en dissuader la majorité, même s'ils sont surs de gagner. Face à cette réalité, il faudrait peut être créer des organismes de certification indépendants, qui contrôleraient la qualité des logiciels et particulièrement des antivirus.
En attendant, les individus qui dénonceront seuls la publicité mensongère en informatique s'exposent à bien des tourments, qu'ils aient raison ou tort. Bonne chance Guillermito.