
On sait que le méthane a un impact sur le réchauffement climatique. Son origine est diverse : humaine mais aussi naturelle. Or une étude récente indique que le méthane contenu dans les gisements de pétrole aurait eu un rôle majeur dans deux anciens épisodes de réchauffement global.
Les gisements de pétrole marin sont loin d’être des couches imperméables : des petites fissures, et le pétrole remonte à la surface. Le méthane qu’il contient s’échappe sous forme de gaz pour rejoindre l’atmosphère ; quant au pétrole, il s’oxyde et forme un goudron qui se dépose au fond.
C’est à partir de cette constatation que des chercheurs de Californie ont voulu savoir si ce méthane sous marin avait un rôle dans deux anciennes périodes de réchauffement climatiques, datant de 11 000 et 15 000 ans. Pour cela, ils ont étudié les goudrons contenus dans les sédiments le long de la côte de Santa Barbara. Verdict ? Ils ont constaté que le goudron était trois fois plus important au niveau des couches correspondant à ces périodes; ce qui veut dire que trois fois plus de méthane ont été libéré.
L’étude suggère qu’une élévation de température a dans un premier temps fait « fondre » les hydrates de méthane marins, ce qui a eu pour conséquence de perturber le plancher marin, et ainsi, ouvrir de nouvelles failles de gisements pétroliers.
Evidemment cette étude locale ne permet pas d’extrapoler à l’ensemble des gisements. Pour cela, il serait nécessaire de mener des études à différents points du globe. Mais si le méthane a été effectivement relargué des autres réservoirs, il expliquerait près de la moitié de l’augmentation de température durant ces périodes de réchauffement.
Sur l’ensemble des émissions de méthane, 65% sont d’origine humaine. Les émissions naturelles, elles, sont variables et dépendent de différents facteurs comme les précipitations et la température. Cette étude montre que le climat est sensible à de nombreux paramètres, qui sont tous loin d’être tous maîtrisés.
Sources:
Science,
EPA
ng_2000
2771
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6/09/2006