
Le Tamiflu est un médicament qui pourrait s'avérer très efficace pour lutter contre une la grippe aviaire. En attendant l'arrivée (qui ne saurait trop tarder ... ) d'une pandémie de grippe, certains chercheurs recommandent aux médecins de ne pas trop prescrire de Tamiflu. On vous explique pourquoi.
La raison est toute simple : le Tamiflu n'est pas dégradé dans le système de traitement des eaux usagées (après que le patient soit allé aux toilettes quoi !). Cette dissémination du produit dans la nature pourrait peut-être faire que notre principale arme contre la grippe aviaire deviendrait tout bonnement obsolète si certains virus deviennent résistants à ce produit.
Des chercheurs suédois recommandent donc aux médecins de ne pas trop prescrire du médicament phare de Roche contre le virus de la grippe. Il faut vraiment que la situation médicale le justifie. On le rappelle : le gros risque, d'après ces chercheurs, est que le médicament s'avère finalement inefficace à la prochaine pandémie de grippe.
Contrairement aux chercheurs suédois, Roche précise par contre qu'il est très improbable qu'une telle résistance se produise. Le Tamiflu (substance active nommée « oseltamivir ») n'avait pas rencontré un gros succès en tant que médicament de traitement contre la grippe annuelle, jusqu'à ce que l'on démontre qu'il s'agissait du premier traitement à être vraiment efficace contre la grippe aviaire.
La majorité des experts pensent qu'une prochaine pandémie est inévitable. La seule question en suspens est : Est-ce que le virus H5N1 est le véritable candidat pour cette pandémie ? Il s'agit bien sûr du principal suspect car même s'il infecte difficilement les humains, lorsque ce fut le cas 201 personnes sur 239 atteintes n'ont pas survécu.
Durant leur étude, les chercheurs suédois ont démontré que l'oseltamivir passait sans encombre toutes les étapes du traitement des eaux usées. On s'en doutait d'ailleurs. Dans certains pays (comme le Japon) ou le Tamiflu est très utilisé lors des cas de grippe (1 personne malade de la grippe sur 3 au Japon), on pourrait craindre que les virus de la grippe puissent développer des résistances.
Examinons un peu le chemin que cela pourrait prendre. L'oseltamivir se retrouve en concentration suffisamment élevé dans les eaux où vont boire des volatils comme des canards malades de la grippe aviaire. Ensuite, le virus du canard développe une résistance. Ce virus se combine alors à d'autre virus qui sont capables d'infecter les humains et mutent en des formes résistantes aux médicaments antiviraux comme le Tamiflu.
Sources :
Imaginascience,
Reuters
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31/10/2007