
Des chercheurs de Boston ont identifié trois bactéries dont la présence dans la salive semble associée à la plus fréquente forme des cancers de la bouche, le carcinome épidermoïde. Donna Mager, de l'Institut Forsyth, et ses collègues ont comparé les échantillons de salive de 229 sujets sains et de 45 patients atteints de cancer de la bouche. Ils ont ainsi découvert que trois des 40 espèces de bactéries recherchées (Capnocytophaga gingivalis, Prevotella melaninogenica et Streptococcus mitis) étaient présentes en plus forte concentration chez les personnes malades.
Testées comme marqueurs, ces trois microorganismes ont permis d'identifier correctement 80% des cas de carcinome épidermoïde buccal et 83% des contrôles. Selon les chercheurs, le cancer de la bouche pourrait modifier le milieu buccal permettant à ces bactéries de proliférer plus rapidement que les autres. Il est néanmoins possibles qu'elles participent directement au développement de la maladie comme c'est le cas par exemple pour le cancer gastrique, associé à Helicobacter pylori. Ces résultats, parus dans le Journal of Translational Medicine, laissent espérer la mise au point d'un test de diagnostic salivaire, non invasif et simple à utiliser à grande échelle.
L'intérêt d'un tel test n'est pas négligeable : lorsqu'il est découvert précocement, le carcinome épidermoïde buccal affiche un taux de survie à cinq ans de 80-90%, contre seulement 54% aux stades plus avancés (ce qui est aujourd'hui le cas de 60% des 30 000 malades dépistés chaque année aux Etats-Unis).
Article de
STPresse - Ambassade de France aux États-Unis (© 2005 STPresse)
Source:
Houston Chronicle
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27/07/2005