Bonjour Soyouzze,
A 11 ans, ce n'est pas facile de comprendre des choses aussi compliquées.
Si tu as du courage, tu liras ce message. Il t'explique le plus simplement possible comment fonctionne notre cerveau par rapport aux émotions. Ce n'est quand même pas très simple. Il te faudra réfléchir un peu. Mais si tu réfléchis, tu vas vite comprendre pourquoi je parle de cela sur ce forum, où on parle des esprits, des fantômes et des morts.
Si tu relis certains messages, tu verras qu'on a peur des fantômes. Mais qu'on sait aussi s'en protéger (en tous cas, on essaye)
Le sujet de la discussion est donc également : La peur, et comment se protéger de la peur.
Ce que j'ai voulu dire, c'est que déjà, quand on est un bébé dans le ventre de sa mère, on éprouve des émotions, du plaisir, de la peur. C'est parce que le sang de la maman coule aussi dans les veines du bébé. Et dans le sang, il y a des hormones que notre corps fabrique. Les hormones sont des signaux qui amènent à notre cerveau les émotions et les sensations.
Ce qui nous intéresse, pour comprendre les choses qui font peur, ce sont les signaux de la peur.
Imaginons que la maman enceinte aie peur de quelque chose. Une vraie peur, par exemple face à un danger.
Son corps va fabriquer des hormones qui vont circuler dans son sang. Comme son sang est le même que celui du bébé, le cerveau du bébé va aussi recevoir les signaux de la peur.
Le bébé va donc aussi avoir peur, mais par contre, lui, il ne saura pas de quoi il a peur, car il ne voit pas le danger, au contraire de sa mère.
Cette peur sans savoir pourquoi, on appelle cela l'angoisse.
C'est une peur terrible, car on ne sait pas de quoi on a peur, et on ne sait donc pas s'en protéger.
Si on ne sait pas se protéger de l'angoisse, alors c'est terrible, et on peut rester ainsi, paralysé, incapable de réagir, traumatisé. Il y a même des gens pour penser qu'on peut mourir d'angoisse.
Beaucoup de maladies mentales viennent de l'angoisse.
Donc, quand le bébé naît, il sait déjà beaucoup de choses, mais ce sont surtout des sensations et des émotions. Il faut alors qu'il comprenne quelles sont les choses de la réalité qui sont associées à ses émotions et ses sensations.
Notre cerveau est très bien fait. Il recrée en permanence notre façon de "voir" la réalité, en fonction de nos découvertes et de nos expériences.
Ce qu'on croit être la réalité n'est pas une chose absolument vraie. Ce n'est qu'une image, très complexe, de ce que notre imagination a compris de la réalité par rapport à nos émotions et nos sensations.
Par exemple, tu sais qu'il y a des illusions d'optiques. C'est la preuve que ce que nous croyons voir n'est pas forcément la réalité. Il faut beaucoup d'expérience et d'intelligence pour comprendre cela. Heureusement, il y a nos parents et la science, pour nous aider à comprendre.
Nous avons 5 sens : La vue, l'odorat, l'ouie, le toucher et le gout. Chaque sens nous aide à avoir une idée de la réalité. Mais nos sens ne sont pas parfaits, ils peuvent se tromper et nous faire croire que des choses imaginaires sont la réalité.
Donc, quand il nous arrive d'être angoissé, notre cerveau comprend que nous sommes en danger. Il va donc utiliser notre imagination pour tenter de nous faire croire à un danger réel, ou quelque chose qui ressemble à un danger réel.
En général, on n'y croit pas tout à fait, mais cela nous permet quand même de nous protéger.
Par exemple, si tu dois traverser une route et que tu vois arriver une voiture, tu sais qu'il est dangereux de passer devant. Tu vas donc laisser passer la voiture, puis tu traverseras la route.
Ton cerveau a enregistré que la voiture, sur une route que tu dois traverser, est un danger. Il te rappelle que pour éviter ce danger, il ne faut pas traverser devant la voiture qui arrive.
Donc, la peur du danger n'est pas très grande. Elle ne te paralyse pas, tu sais comment éviter le danger, et aussi éviter la peur du danger.
Par contre, si tu es angoissée, la peur est terrible.
Ton cerveau sait qu'il n'y a aucune situation de danger connue qu'il pourrait associer à cette peur terrible.
Il va donc aller chercher, dans l'imaginaire plutôt que dans la réalité, un danger que tu pourras, si tout va bien, éviter.
Au départ, quand on est très jeune, on ne peut pas imaginer beaucoup de choses qui ressemblent à la réalité. Les adultes savent qu'on apprend doucement, et c'est pour cela qu'ils nous racontent d'abord des histoires très simples, comme des petites histoires de la vie de tous les jours, et aussi des contes de fée.
Les contes de fée nous aident à comprendre des choses toutes simples en apparence, mais qui nous permettent ensuite de comprendre des choses beaucoup plus compliquées. C'est pour cela qu'ils ont été inventés. Ils nous racontes des histoires qui font très peur, avec beaucoup de dangers, mais les héros trouvent toujours des solutions pour réussir et avoir une belle vie.
Notre cerveau va donc utiliser les contes de fée pour nous aider à imaginer des dangers presque réels, et pour trouver le moyen de les éviter ou de les battre.
Ce n'est pas toujours facile, on n'est pas tous égaux face à l'angoisse.
Il y a des enfants qui trouvent très vite les moyens de ne plus avoir très peur, et d'autres pour qui c'est très long et difficile.
Parfois, ce n'est pas facile pour eux de comprendre que le danger qu'ils imaginent n'est pas forcément la réalité. Par exemple, que la sorcière de blanche-neige n'est peut être pas une vraie sorcière, mais que c'est une vieille dame jalouse.
Certains enfants vont comprendre cela, et se dire que les sorcières, finalement, ça n'existe pas. Ils vont comprendre par contre que la jalousie existe, et qu'il faut s'en protéger.
D'autres enfants auront du mal à comprendre cela. Surtout si leurs parents ont eu aussi du mal à le comprendre quand ils étaient enfants, parce qu'ils n'aideront pas leurs enfants à faire la différence. Ils auront alors toujours peur des sorcières, et peut être ils croiront en rencontrer dans la réalité.
De toute façon, que l'on ait compris que les sorcières n'existent pas ou qu'on y croit, ce qui est important, c'est qu'on a trouvé une solution pour ne plus avoir tellement peur qu'on pourrait en mourir.
Je pense que c'est la même chose pour les sorcières et les fantômes.
Voilà ce que j'ai voulu dire.
Si cela t'a intéressé, tu verras en grandissant que beaucoup de gens ont réfléchi à cela, que certains ont écrit des livres pour nous aider à comprendre, et que c'est quelque chose de passionnant, qui nous aide à devenir des adultes intelligents et conscients de ce qui est réel et de ce qui est imaginaire.