09-05-2005 a 17:50, zered :
Petite question, ou en serait la science a l'heure actuelle si tout les savants croyants n'avaient pas existé ?
On peut poser exactement la même question à propos des savants non-croyants
voici une petite liste non-exaustive de savants croyants :
Gauss
Volta
Ampère
C'est curieux, cette liste semblent sorti des numéros du pélerin d'il y a presqu'un siècle, qui faisait régulièrement une biographie de savants catholiques
Une remarque en passant: Un biologiste américain ayant été élu président d'une association de savants catholiques, il s'empressa de la faire dissoudre. Spécialiste des batraciens, il expliqua: "Il n'y a pas de grenouilles catholiques"
(il oubliait les grenouilles de bénitiers)
Larmarck
Einstein ...
Hé non, Einstein utilisait le concept de Dieu, mais n'était pas croyant, au sens ou pour lui, le Dieu de la religion était une sorte de "vertébré gazeux"
et j'en passe je n'ai mis dans cette liste que les plus éminents... Peut-on encore dire que Dieu n'est pas compatible avec la science ??
Il faudrait connaitre le grade universitaire de Dieu. Probablement Bac+n, avec n très grand
je suis tout a fait d'accord de dire qu'Il n'est pas compatible avec l'église catholique qui a muselé des savants comme Gallilée...
Dire que Dieu n'est pas compatible avec l'église catholique, c'est audacieux, mais pas faux, dans la mesure où le catholicisme s'est gravement compromis avec le paganisme, et s'est laissé allé à des agissements incompatibles avec les principes du christianisme
"Tu aimera ton prochain comme toi même", dit le Christ
"Je l'aime bien roti", répond l'inquisiteur
Mais d'autres on fait comme toi, et donné une liste de savants qui étaient aussi hommes d'église. Et d'ailleurs plus on remonte dans le temps, plus la proportion augmente. Au début du XVIIème siècle, la moitié des savants européens étaient des jésuites.
Pire, les premières universités furent fondés pour enseigner la théologie, cette science étant censée englober toutes les autres. Au début du XIXème siècle c'était encore en théologie qu'on distribuait le plus de doctorats
On peut aussi remarquer le role de certains hommes d'église, comme les moines irlandais dans la sauvegarde du patrimoine scientifique de l'antiquité
Mais à quoi cela nous amène-t-il? A constater qu'au moyen age, il n'y avait guère que les hommes d'églises à ètre lettrés
Ensuite quel role eut leur statut d'homme d'église dans leurs recherches? Intellectuellement, très peu. Au XIXème siècle, le père Secchi qui fut, en pratique, le fondateur de la physique solaire expliquait que, son observatoire étant juste au dessus de son oratoire, il existait une certaine marche de l'escalier au dessus de laquelle il ne pensait plus qu'à son obcervatoire, et en dessous de laquelle il ne pensait plus qu'à son oratoire. Il ne mélangeait pas les deux. De même qi'il existait à la même époque des facultés catholiques de sciences, et des revues catholiques de Sciences, comme "le Cosmos" ou la "revue des questions scientifiques". Elles non plus ne mélangeait pas les deux.
Une exception cependant: la revue "La Science Catholique". A peu près introuvable aujourd'hui, elle faisait de la Science à l'aune de la religion, mais c'était il y a 150 ans. Elle a disparu comme les dinosaures
Pour ceux qui voudraient en savoir plus, je conseille la lecture de la bibliothèque du clergé de l'abbé Migne, dont les encyclopédies et la petrologie ont donné des années de lectures aux ecclésiastiques du XIXème siècle. C'est en latin, mais il y a 208 tables analytiques qui permettent de chercher thème par thème, dans les 220 volumes de la patrologie
J'ai quelques excuses à m'y connaitre un peu étant, neveu, petit neveu, arrière petit neveu, etc d'écclésiastiques, et ayant un oncle qui fut simultanément prètre et professeur de sciences, sans compter quelques tonnes de documentation scientifique, et environ une, de documentation ecclésiastique
Par contre, mea culpa, je n'ai pas eu le courage de lire tout le fil, sachant par avance que j'allais y relire des choses déja lues 100 fois